Love Me Tender

Dans ce récit autobiographique, Constance Debré raconte cette situation d’une violence inouïe : son ex-mari l’attaque pour inceste et l’empêche de voir son fils de 8 ans, Paul. Ses choix dérangent : celui de quitter son mari pour aimer les filles, celui de quitter son métier d’avocate pour écrire, quitte à avoir moins d’argent, voire même pas du tout, celui de ne pas vouloir être en couple. Alors malgré le rapport du psychiatre, les mains courantes à la police et même l’avis des personnes au centre où elle a enfin le droit, une heure tous les 15 jours de voir son fils, rien ne bouge. Son ex-mari annule les rendez-vous au dernier moment, fait pression sur son fils. Face à cette situation, elle tient, nage tous les jours, écrit et consomme les relations amoureuses.

J’ai été scotchée par l’écriture de Constance Debré, nerveuse, sèche, sans un poil de gras, qui prend les gens à rebrousse-poil et à contre-courant, qui interroge impitoyablement les idées reçues ou paresseuses.

La lettre jamais postée à son fils est poignante, et tout son livre illustre tellement bien ce que peut avoir de toxique et de terrible et de magnifique à la fois l’amour maternel.

Un grand merci à Mior (qui ne tient plus de blog mais a parlé de ses coups de cœur sur FB) sans laquelle je n’aurais pas découvert ce roman qu’elle a placé haut dans son bilan de lecture de 2020 !

Je joue pour de vrai. Il n’y a que ça qui compte. Que ce soit vrai. Qu’il y ait un risque. Il n’y a que ça qui vaille. J’ai vu mes parents, j’ai vu tous les types que j’ai défendus, je sais comme on glisse vite. Je n’ai pas vécu dans du coton, comme les gens croient toujours, à cause de mon nom ou de leur paresse à se mettre à une place qui n’est pas la leur, les cons. Comme si les frontières étaient étanches, comme si ça n’arrivait pas chez les bourges la violence, la pauvreté et la mort.” (Elle sait de quoi elle parle… petite-fille du ministre Michel Debré, sa mère est morte d’overdose à 46 ans, et son père, camé jusqu’aux yeux, vit comme un SDF dans le Sud de la France…)

On me dit de ne pas publier le livre, on me dit de ne pas parler des filles, on me dit de ne pas parler de cul, on me dit qu’il ne faut pas blesser Laurent, on me dit qu’il ne faut pas choquer les juges, on me dit de prendre un pseudo, on me dit de me laisser pousser les cheveux, […] on me dit, on me dit, on me dit.

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3 commentaires pour Love Me Tender

  1. aifelle dit :

    J’aimerais bien la lire mais j’attends un peu. Son côté radical me retient.

  2. kathel dit :

    Je le lirais sas doute plus facilement si c’était une fiction, mais tous ces témoignages, si poignants, si forts et bien écrits soient-ils, je n’arrive pas à avoir envie de les lire.

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