Chavirer

Chavirer : c’est ce que fait l’univers de Cléo, 13 ans, lorsqu’un jour Cathy pousse la porte de la MJC où cette ado issue d’un milieu populaire pratique la danse jazz. Cathy lui propose une bourse que pourrait accorder une mystérieuse fondation, Galathée, aux jeunes talents. Cathy lui parle comme à une grande, Cathy a la classe, lui offre des choses et quand enfin Cléo comprend ce que veulent les hommes du jury lors de ces mystérieux déjeuners où Cléo doit faire ses preuves et montrer sa maturité… il est trop tard, trop tard parce que, sous l’emprise de Cathy, Cléo acquiesce à tout, consent à tout, même à jouer les rabatteuses et indiquer d’autres jeunes filles, dont Betty…

On suit, dans une série de chapitres un peu éclatés, le parcours de Cléo et Betty, entre 1984 et 2019, les conséquences de ces abus et de cette emprise sur le long terme. L’un a renoncé à la danse, l’autre s’y est jetée à corps perdu (c’est le cas de le dire…). Il y a des pages magnifiques sur le monde de la danse et sur ces mécanismes d’emprise, mais mon bémol, je l’ai trouvé très exactement exprimé dans l’article du Monde consacré à ce roman alors je le recopie ci-dessous : « Dans Chavirer, il est aussi question du pardon que l’on s’accorde ou pas, de la sortie de l’enfance, de la façon dont les chansons accompagnent nos vies. Il y est, à dire le vrai, question de beaucoup d’autres choses, et sans doute ce « beaucoup » est-il le défaut de ce roman capable, par ailleurs, de tant de subtilité, et pratiquant très intelligemment l’ellipse. Avec le personnage de Yonasz, ami de ­lycée de Cléo, Lola Lafon aborde l’anti­sémitisme ; avec Betty, le racisme, quand Claude, habilleuse dans la « revue » où Cléo a fait carrière, ouvre la question de la violence en entreprise… Les sujets se font certes écho, permettent de disséquer les rapports de pouvoir, mais cette addition de causes à défendre, cette ­généreuse « intersectionnalité » du roman tend à étouffer ce qui fait son cœur. A assourdir, de nouveau, les voix de Betty et Cléo. »

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3 commentaires pour Chavirer

  1. aifelle dit :

    J’ai apprécié cette lecture, mais comme toi j’aurais aimé en savoir plus sur le devenir de certains personnages, Betty en premier.

  2. Hélène dit :

    Une lecture intéressante sans être détonante

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