Ci-gît l’amer

Je ne me serais pas attaquée sans filet à cet ouvrage difficile mais il m’a été conseillé et j’ai bien fait de m’accrocher car c’est passionnant… mais j’en parlerai très mal tant je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de textes !

Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste joue évidemment sur les mots : l’amer / la mer / la mère, mais c’est bien de l’amer qu’il s’agit, de l’amertume ou plus exactement du ressentiment celui qui vous pourrit l’existence. Elle développe l’aspect individuel de cet état, puis l’aspect collectif et politique : « le ressentiment est produit par un écart entre des droits politiques reconnus et uniformes et une réalité d’inégalités concrètes. » 

Elle n’hésite pas à parler de sa propre histoire, elle s’appuie sur des philosophes comme Nietzsche mais aussi sur des poètes comme Rilke. Sa réflexion est dense, touffue, parfois trop complexe pour moi mais toujours passionnante. Elle cible ce que ce ressentiment, sorte de rumination incessante de l’amer, produit sur l’individu ou le groupe comme dégâts, perte de discernement, incapacité à agir, enfermement dans la victimisation, passivité-agressivité, et propose à travers son analyse des moyens pour en sortir : la mer, au lieu de l’amer, la culture, l’art, l’admiration, l’ouverture, la pensée. Car l’amertume existe, oui mais « une fois sublimée, [elle] laisse apparaître une douceur possible, terriblement subtile, vulnérable à souhait, mais d’une grande rareté magnifique.« 

« Savoir admirer, savoir reconnaître la valeur des autres est un vrai antidote au ressentiment, même s’il demande dans un premier temps une force d’âme plus élaborée. »

« Assumer le pretium doloris n’est pas seulement prendre le risque de la pensée ou de l’action, c’est également se détacher du besoin de réparation. »

pretium doloris (suis allée chercher la définition !) Dommages et intérêts accordés par un tribunal à la victime d’un fait dommageable, en compensation des souffrances physiques endurées par elle.

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2 commentaires pour Ci-gît l’amer

  1. aifelle dit :

    Je l’ai écoutée plusieurs fois à la radio, mais je ne suis pas sûre que je me lancerai dans un livre entier. Par contre, il doit y avoir un numéro de tracts, je vais voir si c’est le même thème.

  2. kathel dit :

    Houla, ça semble ardu, dis donc !

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