La prière des oiseaux

C’est un livre vraiment étrange dont je vais avoir du mal à parler, qui m’a à la fois beaucoup marquée, décontenancée, agacée parfois.

L’auteur vient du Nigéria et ce qui rend la lecture difficile ce sont les croyances igbos, les igbos étant une ethnie importance du Nigéria. Leur dieu, Chukwu est à l’origine du monde et autour de lui gravitent toutes sortes d’esprits. Chaque être humain en a un et c’est l’esprit (le « chi ») de l’un d’eux qui est le narrateur de cette histoire. Il s’adresse à Chukwu (mais à chaque chapitre par un nom différent…) pour lui demander grâce car son « hôte », comme il l’appelle, a tué quelqu’un et le chi veut expliquer toute l’histoire de cet homme pour que le dieu soit bienveillant et ait pitié de lui.

Chinonso, simple jeune éleveur de volailles, sauve une jeune femme qui veut se suicider d’un pont, Ndali. Peu après il la retrouve et c’est le début d’une histoire d’amour fou, pur et naïf. Mais Ndali vient d’une famille riche qui méprise et humilie Chinonso. Ce dernier sur un coup de tête et les conseils de son ami Jamike, vend sa maison et son élevage pour aller étudier à l’université de Chypre afin de mériter sa bien-aimée…

Le chi, sorte d’ange gardien, n’en est pas vraiment un : on se rend vite compte que et d’un il semble aussi aveugle que son hôte sur les décisions à prendre, et de deux même lorsqu’il lui insuffle telle ou telle idée… ça marche une fois sur deux… En plus, ce point de vue du chi est assez étrange, on assiste, comme lui, au désastre qui approche, sans rien pouvoir faire… c’est le cas pour tous les personnages de roman, vous me direz, mais là – et c’est l’art du romancier bien sûr ! – on se sent en quelque sorte responsable du personnage… comme le chi !

Cet article a été publié dans littérature étrangère. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour La prière des oiseaux

  1. Claudine Cavalier dit :

    Merci pour le résumé, qui donne envie de découvrir ce roman. Je connais très peu la culture Igbo, mais il me semblait avoir compris, d’après un cours suivi il y a (trop) longtemps, que le chi est davantage un double de l’individu terrestre dans le monde spirituel qu’un ange gardien qui communiquerait une sagesse supérieure à son protégé. Ce double serait une sorte de miroir, à la fois identique et opposé à l’homme terrestre… Ce qui pourrait expliquer, dans le cadre du roman, qu’il soit sujet à l’erreur et subisse en partie le destin du personnage.
    Mais bon, je pense lire le livre pour me faire une idée.

    • sandrion dit :

      Merci pour ces précisions très intéressantes ! c’est là qu’on voit qu’on a tendance à plaquer notre culture sur ce qu’on lit…

      • Claudine Cavalier dit :

        Merci à toi pour la découverte du livre. Les littératures d’Afrique m’intéressent et je ne connaissais pas cet auteur, qui semble prometteur.

  2. kathel dit :

    Ce que tu dis du roman est intrigant, et si ça ne va pas trop dans le surnaturel, je relirais bien l’auteur découvert avec Les pêcheurs.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s