Passé imparfait

Je ne sais trop que penser de ce roman, écrit par le scénariste de la géniale série Downtown Abbey… J’ai beaucoup aimé l’ambiance et l’humour (exemple : « Il avait un visage tout plat, comme un masque de carnaval qui se serait fait écraser par un poids lourd. Il avait le teint cireux qui tirait sur l’olivâtre, mais ça ne lui donnait pas pour autant un air exotique : il avait l’air d’un groom grec avec de grands yeux humides – deux œufs sur le plat baignant dans le gras« ) mais j’ai dû aussi sauter ou lire en diagonale un grand nombre de pages car c’était vraiment trop long, avec des précisions historiques sur tel ou tel aristocrate.

L’histoire est racontée par un aristocrate, la soixantaine, à notre époque. Lui parvient une lettre de son plus vieil ennemi, Damian Baxter, qui est mourant et lui confie une mission bien étrange : sur la foi d’une lettre anonyme qu’il a reçue quelque temps avant, retrouver parmi ses anciennes conquêtes, la mère probable de son enfant pour lui transmettre son héritage.

Voilà notre narrateur sans nom sur les traces de son passé ; à travers les rencontres avec Serena, son grand amour de jeunesse qu’il n’a jamais oublié, Candida, Terry, Johanna et Lucy c’est l’occasion de raconter la vie (et la fin…) de l’aristocratie anglaise à la fin des années soixante : « Ces gens-là obéissaient à ces rituels vestimentaires pénibles pour une simple raison : ils savaient parfaitement que le jour où ils cesseraient de ressembler à une élite, ils cesseraient d’être une élite. Nos hommes politiques viennent tout juste d’apprendre ce que nos aristos savaient depuis des millénaire – tout est dans l’apparence« . Sauf que le jeune Damian est comme un loup dans la bergerie. Fasciné par l’univers aristocrate il tente grâce à son charme et un culot d’enfer d’intégrer ce monde fermé qu’il va bouleverser pour des décennies…

C’est assez passionnant car on en apprend beaucoup sur les codes de cette aristocratie anglaise et c’est aussi une réflexion douce-amère sur le temps qui passe et fait des ravages…

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6 commentaires pour Passé imparfait

  1. Athalie dit :

    Voici ce que j’en disais il y a quelques années maintenant

    Passé imparfait, Julian Fellowes


    En résumé, malgré quelques longueurs, j’avais bien aimé la galerie de portraits, surtout celle des personnages féminins et l’atmosphère, douce amère comme tu le dis.

  2. J’avais beaucoup aimé mais j’aime ces ambiances et cette façon dans la littérature anglaise de nous plonger dans un univers, une époque 😉

  3. Violette dit :

    j’aime tellement Downtown Abbey que je me laisserais bien tenter malgré tes bémols.

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