L’arbre-monde

Whaouh : quel « livre-monde » que cet incroyable roman fleuve sur l’importance vitale des arbres et ce qu’ils ont à nous transmettre…

Il faut être prévenu tout de suite : c’est un roman dense, aux mille racines, aux mille feuilles, et aux 744 pages (comme je l’ai lu sur ma liseuse, je peux dire qu’aucun arbre n’a été déraciné pour cette lecture ! :))

La première partie, « Racines », contient neuf mini-romans, le destin de neuf personnages, par exemple Nick Hoel, artiste dépressif dont la famille avait réussi à maintenir en vie un des derniers châtaigniers d’Amérique, le jeune Neelay, paraplégique issu d’une famille d’immigrants et qui devient un dieu de la conception des jeux vidéos, Olivia qui a failli mourir d’électrocution et qui entend des voix ou encore Patricia qui a pressenti très tôt que les arbres communiquaient. Le destin de tous ces personnages, de près ou de loin, est liés à celui des arbres et dans la partie qui suit, « Tronc », ce lien se resserre et ces destins se recoupent en partie.

J’ai eu au départ un peu de mal à suivre tous ces personnages mais peu à peu j’ai été happée par ce livre, par son ton grave, lyrique, poétique et terrible à la fois. L’auteur mélange à la fiction énormément de descriptions de ces arbres et d’informations sur eux (on sent qu’il a dû énormément se documenter), leur manière de communiquer, de soigner, d’aider les autres arbres. Je me suis imaginé ces immenses séquoias aux troncs gigantesques, et, à une cinquantaine de mètres du sol, dans une cabane branlante, Olivia et Nick passant des mois sur un de ces géants pour protester contre sa destruction.

En lisant j’avais le cœur serré en pensant à toutes ces déforestations, ces coupes faites comme autant de plaies au sein des forêts et je me suis sentie toute petite… En refermant le livre j’aime encore plus l’immense tilleul de mon jardin qui est une des raisons pour lesquelles on a acheté cette maison… Alors face au délire destructeur de l’homme voilà le conseil donné aux arbres : « Tenez bon. Il suffit de tenir un ou deux siècles. Pour vous, les gars, c’est un jeu d’enfant. Il suffit de nous survivre. Alors il n’y aura plus personne pour vous emmerder.

Evidemment c’est le livre parfait pour le challenge de l’été !! Le Monde a publié une interview passionnante de l’auteur dont le roman a changé sa vie puisqu’il a acheté une maison au bord d’une des rares forêts primaires encore intacte aux Etats-Unis aujourd’hui (et il n’en reste plus beaucoup…)

R. Powers, L’arbre-monde, 744 pages en livre de poche !!

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18 commentaires pour L’arbre-monde

  1. Ju dit :

    Passionnant je l’ai dévoré 🙂 hésites pas à venir faire un tour sur mon site Intel-blog.fr et à t’abonner si ça te plaît 😀

  2. aifelle dit :

    Il est dans ma PAL depuis un moment (et dédicacé s’il vous plaît !). Il attend le moment propice.

  3. keisha41 dit :

    Chouette, c’est en poche! Je l’ai lu et ai même rencontré l’auteur (Aifelle aussi!)

  4. Toujours pas lu mais ta chronique le remet à l’ordre du jour….. 🙏 Car pour moi qui vit dans et avec la nature cela devrait me plaire et me parler.😉

  5. kathel dit :

    Superbe lecture, cet auteur est d’une intelligence rare, mais heureusement sait se rendre abordable.

  6. Brize dit :

    Un titre qui revient régulièrement dans le challenge ! Il vient d’ailleurs justement d’être aussi chroniqué par Agnès (moins enthousiaste). Beau pavé, en tout cas !

  7. J’ai aimé ce livre qui aborde un sujet passionnant et peu traité. Son autre livre « Le temps où nous chantions », sur un autre thème, m’a encore plus touché.

  8. Une Comète dit :

    Dans ma pile depuis sa sortie … on me l’a offert… j’attends je ne sais pas quoi pour le lire … il me fait peur je crois ( j’ai déjà du mal à finir les furtifs…chapitre 18 depuis 2 jours …)

  9. Ingannmic dit :

    Quel enthousiasme ! Du coup, je navigue entre crainte et envie, au gré des avis contradictoires que je lis à son sujet. Il est sur mes étagères, mais je n’ose pas l’en sortir ! J’ai pourtant ADORE « Le temps où nous chantions » du même auteur (un pavé encore plus gros que celui-là, mais qui est je crois plus « fluide » à lire…).

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