Vivre avec nos morts

Sur les conseils de mon père j’ai lu ce livre de la rabbine Delphine Horvilleur, dont j’avais lu pas mal d’articles au moment de la mort de Samuel Paty en particulier. Je vous le conseille vivement !! C’est un ouvrage court, vivant, passionnant, personnel, intelligent et plein d’humour sur la mort… et la vie bien sûr.

Chaque chapitre est centré sur un personnage, vivant ou mort, que Delphine Horvilleur a été amené à rencontrer lors des cérémonies d’enterrement qu’elle a préparées. C’est l’occasion pour elle de réfléchir à la mort, à la manière dont nous vivons avec eux, à ce que chaque cérémonie réveille dans sa propre histoire à elle. On y croise la psychanalyse Elsa Cayat, assassinée à Charlie Hebdo, Simone Veil et son amie Marceline, les « filles de Birkenau », mais aussi des inconnus ou même des personnages bibliques. J’ai eu l’impression que cette rabbine s’adressait directement à moi, qui ne suis pas du tout juive, ni même vraiment croyante, et m’ouvrait chaleureusement un espace pour réfléchir à toutes ces questions. On apprend aussi beaucoup sur les rites juifs (deux ou trois blagues juives sont savoureuses !), mais aussi sur la langue française, les fantômes ou la psychanalyse.

« La laïcité dit que l’espace de nos vies n’est jamais saturé de convictions, et elle garantit toujours une place laissée vide de certitudes. […] Pour moi être un « rabbin laïc » signifie cela : accueillir comme une bénédiction le fait que jamais ma croyance ne pourra gagner d’hégémonie, pas plus au sein de la nation française qu’au sein de la tradition juive. Et se réjouir que sous le ciel il y ait assez de vide pour que chacun y reprenne sa respiration. »

« Je me méfie de tous ceux qui disent que mourir s’apprend et qu’il existerait une méthode imparable pour se résoudre à l’accepter. Il n’y a pas de cours, ni de technique, pour apprendre à disparaître en dix leçons, pas de classe ou de programme académique pour optimiser son décès en un semestre. »

« Reconnaître la trace que laisse ce qui n’est plus, et l’entendre nous dire : souviens-toi de ceux qui ne sont plus là. »

« Il s’agit toujours de se débarrasser d’Abel, d’effacer tout ce qui vient nous rappeler que rien ne dure, qu’il faudra faire avec le manque et renoncer à tout ce qu’on acquiert. »

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8 commentaires pour Vivre avec nos morts

  1. Christine Dupuy dit :

    Cet ouvrage me tente beaucoup pour avoir écouté avec grand intérêt plusieurs interviews de Delphine Horvilleur, une femme lumineuse et chaleureuse, mesurée mais qui défend avec ardeur et intelligence ses convictions. Une vraie philosophe qui s’adresse à tous …

  2. Cette femme me fascine parla qualité et la spontanéité de ses propos dans les interviews…. Je le lirai un jour….😉

  3. keisha41 dit :

    Bon bouquin, mais ce que je connaissais déjà m’a amenée à m’ennuyer un peu. ^_^

  4. Une Comète dit :

    Je l’ai lu 🙂 qu’est ce que j’ai aimé … cette femme est extraordinaire… elle parle de la mort avec tant de vie !

  5. dasola dit :

    Bonjour sandrion, pas forcément envie de lire son livre mais j’ai entendu parler Mme Horvilleur avec beaucoup de plaisir. Bonne journée.

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