La femme et l’oiseau

C’est Audrey, de Lire&Vous qui m’a donné envie de découvrir ce roman et c’est un coup de coeur !

On suit trois personnages de trois générations différentes : Thomas a 91 ans et vit près d’une forêt en Alsace, un vieillard grand et droit, loin du cliché qu’on se fait des vieux. Au contraire, son esprit est vif et acéré, il semble lire dans vos pensées… Une de ses petites-nièces, Elizabeth, qu’il n’a pas vue depuis longtemps alors qu’il était proche d’elle enfant, l’appelle et lui demande de l’accueillir chez lui avec sa fille adolescente, Vina, pour quelques jours. En effet, Vina a été exclue du lycée pour avoir menacé un garçon.

Ces trois personnages (+ un quatrième, Mona, l’aide ménagère de Thomas) vont s’apprivoiser et s’enrichir au contact les uns des autres. Et l’oiseau, me direz-vous ? C’est une femelle faucon que Thomas nourrit et qui lui rappelle un autre faucon, apparu dans une autre forêt, lors d’un épisode dramatique de sa vie en 1944.

La langue d’Isabelle Sorente est toute de poésie, de douceur et de violence à la fois, de beauté poignante, le récit épouse alternativement le point de vue de chacun des personnages, le passé et le présent. Thomas, en tant qu’Alsacien, a été enrôlé de force dans l’armée nazie en 1944 avant d’être fait prisonnier avec son frère Alex dans le camp de Tambov en Russie. On a appelé ces soldats les « Malgré-nous » (véridique, comme le camp de Tambov et ses conditions de vie absolument effroyables, c’est ce que précise l’autrice en postface). Elizabeth, petite-fille d’Alex avance en brave petit soldat dans la vie, portant le poids de sa stérilité et de la culpabilité d’avoir fait porter, contre de l’argent, son enfant par une femme en Inde. Vina, elle, traverse les tourments de l’adolescence et la blessure de ses origines. Ces quelques jours seront l’occasion pour chacun d’eux de panser les plaies et d’avancer.

Un excellent moment de lecture !

« Lui savait que les frontières sont plus poreuses qu’on ne le croit. Celles qui séparent les pays et celles qui séparent les gens. L’esprit était un oiseau et l’esprit était le ciel que l’oiseau traversait. Telle était sa foi personnelle. Si c’était une illusion, au moins, elle était vaste. Au moins, elle le reliait aux autres. »

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8 commentaires pour La femme et l’oiseau

  1. Merci pour le lien de cette belle lecture…

  2. Et ravie qu’il t’ait plu !!! ♥️♥️

  3. keisha41 dit :

    Ce roman est (sera?) à ma bibli, je l’ai déjà noté.

  4. krolfranca dit :

    Isabelle Sorrente n’est-elle pas chroniqueuse sur France Inter ? Bref ! Je ne la connais pas du tout comme auteure.

  5. aifelle dit :

    Une autrice que je ne connais pas, ton résumé me donne envie de découvrir ce roman.

  6. kathel dit :

    Il me semble très intéressant, ce roman ! (mais pas à la médiathèque, dommage)

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