Le passeur

3e livre de la série Prix Folio – Le récit est original (et dérangeant) car le personnage principal, Seyoum, est un passeur, cynique, brutal, blasé et sans scrupules, et les premiers mots sont terribles : « J’ai fait de l’espoir mon fonds de commerce. Tant qu’il y aura des désespérés, ma plage verra débarquer des poules aux oeufs d’or. Des poules assez débiles pour rêver de jours meilleurs sur la rive d’en face« . Installé sur la côté libyenne il gagne sa vie à envoyer des cargaisons d’Africains risquer la leur sur des rafiots de fortune mais dépense tout en alcool et en khat (je ne connaissais pas du tout cette drogue : c’est une plante qu’on mâche et qui procure ensuite les mêmes effets que les amphétamines). La rencontre avec un homme arrivant avec un groupe d’Erythréens va faire remonter tout son douloureux passé…

Le récit alterne les passages à Zouara en Libye en 2015 et les retours en arrière évoquant l’enfance et la jeunesse de Seyoum et son histoire d’amour avec Madiha, dès 1993 et jusqu’en 2005, en Erythrée.

C’est très noir, éprouvant et violent comme une grosse claque dans la figure.

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4 commentaires pour Le passeur

  1. Claudine Cavalier dit :

    Je l’ai lu et je l’ai trouvé décevant, misérabiliste et presque indigne des sujets très complexes et très douloureux qu’il traite. Le style m’a paru vraiment faible et le personnage principal inconsistant – bâclé, attendu. C’est plein de bons sentiments, certes, mais ce n’est pas de la bonne littérature, du moins à mes yeux. Dommage.

  2. Claudine Cavalier dit :

    Il y a la fidélité à un amour de jeunesse brisé, et le personnage principal se « rachète » dans une certaine mesure en offrant à son jeune acolyte, certes après l’avoir opprimé, la possibilité d’une vie proche de celle que lui-même n’a pu avoir. C’est du gros mélodrame, et comme tel fondé sur une sentimentalité facile. Et puis le fond de commerce de ce type d’écrit reste le bon sentiment : la traite des humains c’est mal, l’exploitation cynique de la misère aussi, les dictatures oppriment les peuples et les migrations sont l’enfer sur terre etc. Je suis assez surprise que ce type de mauvais livre soit sélectionné pour un prix des lycéens. Si c’est pour les sensibiliser à certains sujets majeurs de notre époque, il y a d’autres façons, y compris par l’approche littéraire.

    • sandrion dit :

      Oui je vois ce que tu veux dire par « bons sentiments »! Et je suis d’accord c’est ce qui me choque cette année, je ne vois pour l’instant que 2 romans sur 5 (il me’ manque un à lire auquel je laisse pour l’instant le bénéfice du doute) qui ont pour moi une vraie qualité littéraire…

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