La nuit du coeur

A l’annonce de la mort de Christian Bobin, j’ai eu envie de me replonger durant quelques instants dans son écriture si particulière qui m’a accompagnée régulièrement, à différents moments de ma vie… comme nombre d’entre nous sûrement. Alors j’ai lu ce texte que je ne connaissais pas et qui m’a parlé car il est question de Conques, un lieu magnifique, pas si loin de chez moi où je suis allée plusieurs fois.

Avec Christian Bobin, je suis toujours partagée entre l’émerveillement et l’agacement. Agacement par certaines formules que je trouve soit trop simples soit un peu grandiloquentes, par la récurrence parfois trop appuyée de certains thèmes, certaines métaphores. Et puis quand même émerveillement devant son insistance têtue à voir la beauté des choses, jusque dans le plus prosaïque et le plus banal, son propre émerveillement face au monde, sa poésie parfois fulgurante…

Dans La nuit du cœur, il décrit Conques et le mystère de la présence forte de son abbatiale aux vitraux de Soulages, l’humilité de ses pavés, le caractère à la fois austère et joyeux du village. Il le décrit depuis son Creusot natal (il y est né et il y est mort), sous forme de 103 fragments, une sorte de longue lettre adressée à son lecteur et, ça et là, à la « plus-que-vive », la jeune morte aimée et perdu trop vite.

Alors voilà, il est mort, mais il y a bien longtemps… « Je mourrai au onzième siècle, pas avant, et que l’on dise de moi : c’était un idiot très profond, un architecte de souffles, un gars de l’abbatiale. »

Photos de l’abbatiale de Conques, prise lors d’une de mes visites.

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8 commentaires pour La nuit du coeur

  1. aifelle dit :

    J’aime énormément Conques moi aussi, j’y ai séjourné plusieurs fois. J’ai beaucoup aimé les premiers livres de Christian Bobin ; puis il y a eu un moment où j’ai trouvé qu’il s’égarait un peu, à moins que ce ne soit moi qui aie besoin d’autre chose, bref je ne l’ai plus lu.

  2. Claudine Cavalier dit :

    J’avoue que je supporte très mal Bobin. Je crois n’avoir apprécié aucun des titres que j’ai lus de lui, même pas Le Très-Bas, alors que sans être chrétienne, je suis aisément sensible à la spiritualité franciscaine. Comme auteur qui creuse des thèmes chrétiens séculaires et les transpose dans une langue moderne pétrie de poésie ancienne, je lui préfère infiniment Michon. Je vais lui redonner une chance avec cette Nuit du coeur. 🙂

  3. dasola dit :

    Bonjour Sandrion, après Pierre Soulages, Christian Bobin, Conques n’est pas à la fête. Je crois n’avoir pas réussi à lire La dame blanche. Bonne journée.

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