Une saison ardente

Etrange début que celui de ce roman, qui résume en trois lignes l’intrigue : « A l’automne de 1960, alors que j’avais seize ans et que mon père était momentanément sans emploi, ma mère rencontra un homme du nom de Warren Miller et tomba amoureuse de lui. » L’intérêt est effectivement ailleurs que dans l’histoire…

Tout est raconté par le fils, Joe, dont le père vient de partir aider les pompiers à éteindre un gigantesque incendie ravageant la région depuis plusieurs jours. Il se retrouve seul avec sa mère qui, durant les trois ou quatre jours de l’absence du père, vit une liaison avec un autre homme. L’écriture est d’une incroyable sobriété, tout en maîtrise et en retenue ce qui confère finalement un caractère poignant à l’histoire. Joe rapporte les propos de ses parents, raconte ce qui se passe, n’en comprenant qu’une partie (et nous aussi du coup), confronté brutalement au monde des adultes et à sa propre solitude. L’incendie spectaculaire est également au centre du roman, belle métaphore de l’effondrement du couple, de la puissance du désir, et de l’impuissance des hommes. Une très belle lecture, que j’aurais préféré lire en anglais, la traduction m’a gênée à des moments.

Il paraît que le film qui vient de paraître, tiré de ce livre, est très bien aussi !

« Je ne devais pas croire que nous n’étions que la somme de nos pires erreurs parce qu’en fin de compte nous étions meilleurs que nous le pensions. »

« Et il y en a, des mots, des mots qui veulent dire quelque chose, mais qu’on ne veut pas dire, des mots qui sont responsables de vies brisées, des mots qui voudraient réparer quelque chose de brisé, mais qui n’aurait jamais dû être brisé, quelque chose que personne ne voulait voir briser et que, de toute façon, ils n’arriveront pas à réparer. »

Conseillé et offert par une de mes amies : merci !

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Gnocchi maison

Bon, je ne suis pas du tout dans le thème du mois (les « british mysteries ») mais plutôt en Italie car j’avais envie depuis longtemps de tester les gnocchi du blog Un déjeuner de soleil. Et j’ai bien fait car même si c’est un peu long, c’est vraiment délicieux !

D’autres recettes dans la journée chez Syl.

Ingrédients (pour 6 à 8 personnes)

  • 1 kg de pommes de terre à chair farineuse (genre Binjte)
  • 300 g de farine environ
  • 1 œuf
  • sel, noix de muscade

Préparation :

Cuire les pomme de terre dans l’eau (en partant d’eau froide) avec du gros sel et une feuille laurier, pendant 40 minutes environ. Elle doivent être fondante.

Éplucher les pommes de terre à chaud et les passer au presse purée ou moulin à légumes. Poser le tout sur un plan fariné.

Attendre qu’elles tiédissent, former un trou et ajouter la moitié de la farine et l’oeuf puis les incorporer aux pommes de terre. Saler et ajouter une pincée de noix de muscade. Ajouter le reste de farine et travailler la pâte afin d’obtenir une boule lisse et homogène.

Couper une tranche, former des saucissons de pâte de 1-2 cm de largeur puis couper en tronçons de 1 cm. Les rouler sur le dos ou creux d’une fourchette de manière à créer des sillons. Les fariner, les poser sur un torchon les uns à côté des autres.

Porter de l’eau à ébullition, la saler et y plonger délicatement les
gnocchi. Dès qu’ils remontent à la surface, les sortir et servir tout de suite.

Je n’ai pas eu le temps de faire des photos du plat final mais je les ai servis le midi avec une super sauce bolognaise et le lendemain j’ai fait griller ceux qui restaient à la poêle, servis avec une sauce crème fraîche/roquefort. C’était excellent et de mon côté je les préfère grillés !

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Un peu de culture à Paris :)

Pour une provinciale comme moi, une semaine à Paris c’est l’aubaine ! Et j’ai réussi à voir plusieurs expos très sympas, alors je partage un peu avec vous ! J’ai pu prendre quelques photos dans chacune sauf celle de Foujita, les photos étaient interdites, dommage car c’est un peintre extraordinaire !

Au musée Jean-Jacques Henner, il y avait une expo intitulée « Roux ! » Ce peintre n’a pratiquement peint que des roux et des rousses dont cette célèbre liseuse :

Au Petit Palais, j’ai pu voir des œuvres du peintre symboliste belge Fernand Khnopff :

Et pour finir, l’expo Courtauld, à la Fondation Vuitton, de magnifiques tableaux impressionnistes !

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De si bons amis

C’est le 7e roman de Joyce Maynard chroniqué sur ce blog ! Une de mes amies le sait bien car elle m’a offert celui-ci, tout aussi bon que les autres : merci 😉

Le titre anglais en dit long « under the influence », on voit tout de suite l’ironie de la traduction en français, car ces « amis », Ava et Swift vont faire beaucoup de tort à la narratrice, Helen, on le sait d’emblée lorsqu’elle rencontre dès le premier chapitre, dix ans plus tard, Ava, vieillie, seule, sans que cette dernière la reconnaisse…

Helen vient de perdre la garde de son fils Ollie à cause de l’alcool, elle est seule et dans un désarroi profond alors quand Ava et Swift Havilland, couple riche et brillant, la prennent sous leur aile, elle a l’impression d’avoir trouvé un foyer. Ils l’écoutent, l’invitent chez eux et semblent l’aider en tout mais est-ce si désintéressé ?

J’ai suivi, le cœur serré, la manipulation sournoise de ce couple, la vulnérabilité d’Helen, personnage complexe rendu d’autant plus attachant par la plume tout en finesse et en sobriété de Joyce Maynard qui a vraiment le don de raconter des histoires et d’entrer dans les recoins de l’âme humaine. On est tenus en haleine jusqu’au bout car la tension monte au fur et à mesure que l’emprise toxique se resserre. Même si j’ai un peu moins aimé que Les règles d’usage par exemple, j’ai été tenue en haleine jusqu’au bout et l’ai dévoré en trois jours à peine !

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Le cadavre dans la Rolls

Après un an et demi de pause, je lis la suite des enquêtes d’Harry Bosch, ce flic buté et tenace dont j’avais bien apprécié les premières aventures. Dans cet épisode, il trouve dans le coffre d’une Rolls le cadavre d’un producteur plutôt véreux, Anthony Aliso. Avec deux adjoints, Kiz Rider et Jerry Edgar, il poursuit l’enquête entre Los Angeles et Las Vegas, dans le milieu de la pègre et celui de la police, pas si étanches qu’on pourrait le penser, et va même jusqu’à retrouver un ancien amour…

Une intrigue bien ficelée, un personnage qui gagne en épaisseur psychologique… pas sûr que je laisse passer encore un an et demi avant de lire la suite !

Une participation pour le challenge « polars et thrillers » et pour la catégorie « partie du corps » du Petit Bac 2019 !

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Imaginer la pluie

Je ferme la dernière page de ce petit roman inclassable et magnifique, repéré sur le blog de Kathel

Ionah est un enfant du désert, élevé par sa mère. Il a grandi seul avec elle, dans une misérable cabane près d’un puits, à la dure, obligé d’apprendre à se battre et à poser des pièges pour attraper les lézards, seule nourriture avec les quelques maigres récoltes d’un potager aléatoire. On sent bien qu’une menace pèse sur le monde mais le mystère reste entier… Lorsque la mère meurt, Ionah se retrouve encore plus seul même s’il continue à lui parler dans sa tête, mais il va bientôt rencontrer dans le désert un autre être humain…

Difficile d’en dire davantage sans déflorer la suite de l’histoire, il faut surtout accepter d’entrer dans cet univers très épuré, poétique et étrange, les phrases sont courtes, sobres, il y a de nombreux dialogues, l’attention est portée à l’essentiel, aux sensations, aux émotions. J’ai eu souvent le cœur serré dans cette lecture où il est question d’amitié, de solitude, de silence, de choix de vie, d’instinct de survie. Un roman vraiment original et intéressant, sorte de fable philosophique (la référence au Petit Prince est explicite dans le roman).

« Le sable. le sable à perte de vue. Dans toutes les directions. Et au milieu de ce néant qui n’est que sable, un petit puits, deux palmiers, un potager minuscule et un appentis. Et moi sur le toit, essayant d’imaginer la pluie. »

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La folle du logis

La « folle du logis » c’est l’imagination débordante de l’écrivain… Rosa Montero écrit un ouvrage tout à fait hybride, autobiographie, réflexions autour de l’écriture, fiction, c’est un peu tout à la fois, c’est inégal mais réjouissant !

Comme c’est une autobiographie sans l’être, Rosa Montero nous raconte à trois reprises sa nuit d’amour avec un certain M… dans trois versions différentes ! je serais curieuse de savoir laquelle est la plus proche de la « réalité »… Elle évoque son obsession pour les nains dont elle se débrouille toujours (parfois inconsciemment !) pour glisser un exemplaire dans chacun de ses romans, et livre des remarques très justes sur la lecture et l’écriture.

J’avais coché sur ma liseuse plus d’une dizaine de marque-pages et je ne sais pas ce qui s’est passé mais ils ont disparu !! Il me reste les deux ci-dessous…

« Les mots sont pareils à ces poissons des grandes profondeurs, un simple scintillement d’écailles au milieu des eaux noires. S’ils se décrochent de l’hameçon, on a peu de chances de les repêcher. »

« Etre romancier, c’est cohabiter harmonieusement avec la cinglée du dernier étage. »

Keisha a tellement aimé qu’elle a écrit deux billets dessus, ici et !

Et je valide la catégorie « gros mot » pour le challenge d’Enna !

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