Assez de bleu dans le ciel

Je me rends compte qu’il n’y a pas un seul billet sur ce blog sur Maggie O’Farrell, auteur que j’aime pourtant beaucoup… J’ai d’abord lu L’étrange disparition d’Esme Lennox, roman poignant sur une femme au début du XXe siècle, dont la sensibilité et le caractère fort lui valent d’être internée de force par sa famille pour troubles dépressifs durant 60 ans, puis Quand tu es parti, La distance entre nous et Cette main qui a pris la mienne.

Avec Assez de bleu dans le ciel, j’ai retrouvé ce que j’ai tant aimé dans les autres romans : un style épuré et profond, une chronologie et une narration complexe et subtile, des personnages terriblement humains et attachants. L’histoire commence en 2010 et peu à peu par des retours en arrière multiples concernant des événements racontés du point de vue d’un personnage différent à chaque fois viennent éclairer les zones d’ombres du récit.

En 2010, dans un coin reculé de l’Irlande, Daniel Sullivan, linguiste, est sur le point de partir pour quelques jours aux Etats-Unis, voir son père très malade. Le premier chapitre à la première personne raconte avec un humour délicieux le trajet de Daniel, sa femme qui apparaît complètement fantasque et leurs deux enfants, Marithe et le bébé Calvin, pour rejoindre la gare. Dans la voiture, Daniel reconnaît la voix d’une femme qu’il a connue par le passé et apprend incidemment qu’elle est décédée 25 ans plus tôt… « Il y a la sensation qu’une fenêtre, quelque part, s’est ouverte brusquement ou qu’un domino, un seul, est tombé contre un autre, provoquant une réaction en chaîne. Une vague s’est soulevée, s’est retirée, et tout ce qui se trouvait en dessous, peu importe quoi, est à jamais altéré. »

A partir de cet instant, tout est chamboulé et on suit ces personnages, dans cet aller-retour entre le passé et le présent, on les voit se débattre, faire des erreurs et tenter de les réparer, souffrir et apprendre. Je ne voudrais pas trop en dire pour garder intact le charme de la lecture mais j’ai dévoré ce roman extrêmement bien construit et tout en finesse autour du poids du passé, de la relation de couple, des liens entre parents et enfants, des troubles du corps et de l’esprit (un des personnages souffre d’eczéma, l’autre de bégaiements)

J’ai trouvé cette critique sur Babelio qui dit plutôt bien les choses : « ll y a assez de bleu dans ce ciel d’Irlande pour faire une histoire multicolore, pleine amour, d’enfants, de drames, de solitude.
Une histoire multicolore, tournoyant autour d’êtres différents.
Une histoire éclatante, même si le noir en forme une constante toile de fond. »

« Je crois que les mariages se brisent non pas à cause de ce que l’on dit, mais de ce que l’on ne dit pas. »

 

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9 commentaires pour Assez de bleu dans le ciel

  1. aifelle dit :

    Je le note, mais mon préféré de cette auteure restera je crois « la disparition d’Esme Lennox ».

  2. Mind The Gap dit :

    L’ Irlande, forcément tout de suite ça me parle. Je ne connais pas du tout, comme souvent d’ailleurs. La phrase relevée sur Babélio est en effet très expressive et belle.

  3. lewerentz dit :

    Je l’ai réservé à ma bibliothèque. J’aime beaucoup cette auteur. Mon préféré : *La maîtresse de mon amant ».

  4. valmleslivres dit :

    Bon moi je crois que les mariages peuvent se briser aussi à cause de ce qu’on dit. 😉
    Pas lu celui-ci mais j’ai adoré Esme Lennox.

  5. maggie dit :

    J’avais commencé un de ses romans et j’avais aimé son style. Je ne sais plus pourquoi je n’avais pas terminé son livre mais c’est un auteur qui me tente beaucoup

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