Les fureurs invisibles du coeur

C’est le genre de titre qui ne m’attire pas du tout… mais c’était le coup de cœur d’une amie et j’ai bien fait de la suivre ! J’ai lu ce livre comme en apnée, d’une traite en deux jours (presque 600 pages quand même, en fait juste 587 ce qui fait que je ne peux pas le compter dans le challenge « pavévasion », snif)

Bref, c’est une super histoire, de celle dans lesquelles on se plonge comme dans un bon film… raconté à la première personne, c’est l’histoire de Cyril Avery, enfin ce n’est pas un vrai Avery comme le lui répète son père Charles, pardon son père adoptif, il y tient ! En 1942 Cyril a été adopté après avoir été abandonné par sa mère, qui avait 15 ans (on ne saura qu’au dernier chapitre le fin mot de l’histoire). Jeune garçon très timide, on le suit de sa naissance à ses 77 ans, à raison d’un chapitre tous les 7 ans, on le voit grandir dans cette Irlande où il ne fait pas bon être fille mère et encore moins homosexuel. Or Cyril comprend très tôt qu’il aime les garçons… Sa famille adoptive, riche et excentrique (une femme écrivain, qui fume comme une cheminée et parle à son fils adoptif comme s’il était un adulte, un père baignant dans toutes les arnaques financières) s’occupe de lui mais comme on s’occuperait d’un animal alors à 7 ans, quand il rencontre enfin un garçon de son âge, Julian Woodbead, il en tombe furieusement amoureux. On suit son parcours dans cette Irlande homophobe, à travers trois grandes étapes, »honte », « exil » et « paix », parsemé d’épreuves et de choix qui auront parfois de terribles conséquences. Alors oui, parfois on a quelques coïncidences un peu trop fréquentes mais qui ne m’ont pas empêchée de savourer pleinement ce récit, à la fois drôle, poignant et furieusement humain. Parfait pour le début des vacances !! Et je ne m’arrêterai pas là puisqu’il paraît que son dernier roman, L’audacieux Mr Swift, est super.

Kathel, tout aussi enthousiaste !

Publié dans littérature étrangère | 2 commentaires

La route du retour (et mort de ma liseuse… snif !!)

Cadeau d’anniversaire de mon père et de ma belle-mère, j’ai eu plaisir à lire à nouveau un livre « papier », surtout que : ma liseuse est morte ! OUINNNN !!! après 5 ans, presque 300 livres lus et un bon millier d’heures de lecture. J’en cherche activement une autre mais en attendant, heureusement que j’avais ce gros pavé qui sera ma seconde contribution au challenge « Pavévasion » organisé par Brizé (718 pages !!)!

J’ai d’abord eu beaucoup de mal à entrer dans cette histoire ce qui, d’après moi, tient en partie à la traduction, ou alors peut-être au fait que ce roman a été publié 10 ans après un autre roman, Dalva. Or Dalva est un des personnages de La route du retour. Bref, après une soixantaine de pages j’ai fini par accepter de ne pas tout comprendre, accepter les innombrables retours en arrière et j’ai plongé dans cette histoire, cette fresque américaine construite autour de 5 personnages d’une même famille habitant le Nebraska : John Northridge, septuagénaire qui revient, en 1956 sur son passé, ses frasques d’artiste, son amour des femmes, sa relation difficile avec ses fils ; puis, en 1986-1987, Naomi, sa belle-fille, mère de Dalva, Paul, le fils de John et enfin Dalva elle-même et son fils Nelse, qu’elle a eu à 15 ans et qui a été adopté. Tous les personnages sont liés par l’amour de la nature, des chevaux, des oiseaux, par une forme de liberté, par leur lien à la culture indienne. A travers leurs journaux intimes, on les suit dans leurs pensées, leurs relations, leurs souvenirs. J’ai été particulièrement touchée par le dernier journal, celui de Dalva, une femme forte, libre, entière. Une lecture dense, assez ardue j’ai trouvé mais au bout du compte passionnante.

Publié dans littérature étrangère | 8 commentaires

Apfelstrudel

Délicieux dessert encore, même si mon plat est plus allemand qu’anglais aujourd’hui ! C’est le dernier dimanche de juin, les marmitonnes se mettent en vacances, je garderai mes jolies trouvailles culinaires, si j’en fais, pour la rentrée… bon été à toutes et à tous !!

Et chez Syl vous trouverez les dernières recettes…

Ingrédients :

  • une pâte feuilletée
  • 5 pommes
  • 50 g raisins secs
  • 2 c à soupe sirop d’érable
  • 2 c à soupe rhum
  • 80 g beurre
  • 40 g sucre
  • 1 sachet sucre vanillé
  • 50 g amandes effilées
  • 1/2 c à café cannelle
  • 1/2 c à café quatre épices

Préparation : 

Faire tremper les raisins dans de l’eau (100g) et le rhum pendant une heure.

Faire revenir les pommes épluchées et coupées en dés dans le beurre pendant 5mn, ajouter les sucres, les épices et le sirop d’érable et cuire encore 5mn. Laisser refroidir et y incorporer les raisins égouttés.

Etaler la pâte feuilletée et l’étirer un peu au rouleau. Mettre la garniture au centre, recouvrir d’amandes effilées préalablement grillées à la poêle. Fermer la pâte feuilletée. Faire des entailles dans la pâte et badigeonner au jaune d’œuf.

Faire cuire 20 mn à 200° et attendre qu’il soit tiède pour déguster !

Publié dans Mes gourmandises | 12 commentaires

Et Nietzsche a pleuré (et un peu de chez moi aussi :))

Irvin Yalom, dont j’avais lu il y a longtemps La méthode Schopenhauer et Mensonges sur le divan, imagine avec Et Nietzsche a pleuré la rencontre entre le célèbre philosophe et le médecin viennois Josef Breuer, qui n’a pas eu lieu mais aurait été tout à fait probable.

Le roman s’ouvre sur la rencontre en 1882 entre Lou Salomé (qui fut aussi l’amie de Freud et l’amante de Rilke) et Breuer : elle vient lui demander d’aider son ami Friedrich Nietzsche qui souffre de migraines sévères et de tendances suicidaires. Mais il doit le faire discrètement car elle et lui sont brouillés. Pour faire entrer Nietzsche dans une clinique, il lui fait croire qu’il a besoin de l’aide du philosophe pour se soigner, lui, de ses crises de désespoir… Qui aidera vraiment l’autre ??

Quel bouquin passionnant ! On apprend énormément de choses sur ce philosophe (qui est au programme pour moi l’an prochain avec mes prépas) mais aussi sur un sujet qui me passionne, la psychanalyse. En effet, Sigmund Freud est l’ami de Breuer et Yalom (psychanalyste lui-même) imagine la naissance balbutiante de la psychanalyse (le « ramonage de la cheminée ») et de la cure par la parole à travers cette amitié, la rencontre avec Nietzsche ainsi que la relation entre Breuer et la fameuse Bertha Pappenheim (nommée Anna O. dans les écrits de Breuer et de Freud). On entre aussi dans la vie intime du docteur Breuer, sa crise conjugale avec sa femme, son obsession pour Bertha. Les dialogues sont intelligents et savoureux, les anecdotes nombreuses, et tout est bien documenté. Bref, un bien bon moment de lecture !

Un billet très fouillé, trouvé sur Babelio, ici !

« Je dois d’abord vous apprendre à marcher, et la première étape est de comprendre que celui qui ne s’obéit pas à lui-même tombe sous la coupe des autres. Il est plus facile, beaucoup plus facile, d’obéir à autrui que de se commander soi-même. »

Et c’est en rangeant la bibliothèque du fond du couloir (après avoir, avec l’aide de mon grand fils, repeint tout le couloir et l’entrée) que j’ai retrouvé ce livre, que j’avais l’impression d’avoir lu mais apparemment non ! Bonne pioche !

et une fois n’est pas coutume, je partage ma bibliothèque de couloir toute bien rangée et… mon entrée toute neuve !

Publié dans à sauts et à gambades, littérature étrangère | 9 commentaires

Le pont des soupirs

On croit qu’on va partir en Italie voir Venise et son pont des soupirs mais Russo joue avec son lecteur car c’est en Amérique que tout se passe et surtout dans le passé de tous les personnages qui se dévoilent à nous dans les premières pages, alors qu’ils ont une soixantaine d’années : Lou Lynch, surnommé depuis son enfance Lucy (une bourde de l’instit qui a lu trop vite Lou C. Lynch, à la maternelle !) et sa femme Sarah Berg qui se préparent à rejoindre leur ami d’enfance perdu de vue depuis 40 ans, Bobby Marconi, en Italie.

On plonge dans l’ambiance de cette petite ville près de New York, Thomaston, et l’épicerie Chez Ikey où travaillent les parents de Lou – cette épicerie ! on aurait carrément envie d’aller y passer un moment tant est bien décrite l’atmosphère chaleureuse et bienveillante qui y règne, c’est presque un personnage à part entière ! On s’attache à ce petit Louie si peureux, si désespérément en quête d’affection ; c’est lui qui, à 60 ans, choisit d’écrire ses Mémoires, et en parallèle et au fur et à mesure l’auteur éclaire les zones d’ombre, explique autrement telle ou telle attitude. Cette construction narrative très riche est ce qui a fait que j’ai eu un peu de mal au départ à entrer dans ce gros pavé, à cause des nombreux retours en arrière et de la multitude de personnages. Mais très vite, j’ai eu  tout autant de mal à m’arrêter de lire et à quitter ces personnages si humains… Il est question d’enfance malheureuse, de choix de vie, de la complexité des liens familiaux, des choix amoureux, d’art, de secrets.

Trois citations ci-dessous, la première me parle beaucoup…

« La vie des plus heureux, des plus avantagés, ne cache-t-elle pas elle aussi d’autres possibilités, d’autres douceurs, et sans doute d’autres amertumes ? N’est-ce pas pour cela que, malgré tout, il nous arrive de nous sentir floués, grugés, même quand cela n’est pas vrai ? »

« Nous pouvons rêver tant et plus, mais nous n’avons qu’une vie. Aussi vraisemblables, désirables soient-elles, nos vies imaginaires ne sont que des fantômes. Celle qui nous reste suffit bien à remplir de joie notre cœur imparfait, encore et encore, avant de nous le briser. Et ça n’arrête jamais. La faute à l’amour. »

« C’était assez perturbant d’apprendre que le sous-sol était plein de trous et, si c’était bien vrai, j’aurais aimé savoir où ils étaient. »

D’autres avis enthousiastes ! KeishaKrolfranca

Et c’est une participation parfaite pour le challenge du pavé de l’été !

Publié dans littérature étrangère | 10 commentaires

Salade anglaise à ma façon

Une petite participation au mois anglais chez Lou et Titine ! On avait fait un très bon poulet le midi et le soir, j’ai concocté une petite salade qui me paraît assez english, non ?

D’autres recettes chez Syl.

Ingrédients :

  • restes de poulets revenus dans leur jus et tièdes
  • tomates
  • avocats
  • salade
  • œufs durs
  • poivron rouge
  • olives
  • vinaigrette au vinaigre maison

C’était parfait pour cette dernière soirée de printemps, dehors, en famille…

Publié dans littérature étrangère | 12 commentaires

Au coeur de l’orchestre

C’est finalement assez rare que je lise autre chose que de la fiction mais une de mes amies m’a prêté et chanté les louanges de ce gros pavé sur la vie intime des orchestres et en tant que chanteuse et flûtiste amatrice je ne pouvais pas résister…

C’est un bouquin passionnant, très document, vivant qui permet d’entrer dans les coulisses de cet univers en soi que constitue l’orchestre. On y apprend l’état d’esprit bien différent des pupitres (les cordes, plutôt sages ou les cuivres souvent plus fêtards), le statut des musiciens d’orchestre dans toutes ses dimensions bien concrètes et l’histoire de leur arrivée dans l’orchestre, le lien des musiciens entre eux, l’arrivée des femmes, les rituels et le vocabulaire spécifique à ce groupe humain particulier, le lien complexe et ambigu qui lie l’orchestre à son chef. C’est bourré d’anecdotes souvent très drôles : un musicien retrouvant dans sa partition celle d’un collègue en plein concert et la lui envoyant sous forme d’avion en papier sous les yeux éberlués du chef, un chef qui se dispute avec un musicien et plante là l’orchestre deux minutes avant le début du concert, l’hauboïste qui dit aux cordes « taisez-vous les anonymes » et bien d’autres.

Et le mot de la fin, malgré les tensions, les incompréhensions et tous les dessous des coulisses, quand le miracle de la musique agit, ces mots d’un chef d’orchestre : « il y a parfois un moment où l’orchestre devient une immense vague sur laquelle vous surfez. Il n’est plus alors question de savoir qui fait quoi : le chef et l’orchestre décollent ensemble, et c’est grisant. »

Et pour finir, une blague : « Quelle est la différence entre un chef d’orchestre et un préservatif ? – C’est la même chose : c’est beaucoup plus agréable sans mais c’est beaucoup plus sûr avec. » 🙂

Publié dans littérature française | 4 commentaires

Fouace de St Cyprien-sur-Dourdou

Ma recette de ce matin n’est pas du tout anglaise !! Elle vient du plus profond de l’Aveyron, mon lieu originel, et même mon père, qui a une maison de campagne dans ce coin là et qui a vécu 20 ans à Rodez, s’y est laissé prendre !

Bref, voici une super recette de fouace aveyronnaise trouvée ICI 🙂 Je l’ai faite avec mon robot mais évidemment avec un peu d’huile de coude, je pense que ça marche aussi… Et chez Syl vous trouverez des recettes anglaises !

Ingrédients :

  • 100 g de lait
  • 25 g de levure fraîche
  • 500 g de farine
  • 170 g de sucre
  • 1 pincée de sel
  • 3 œufs entiers
  • 75 g de beurre
  • 40 g d’eau de fleur d’oranger
  • 50 g de sucre extra-fin
  • 2 c. à soupe bombées d’eau chaude

Préparation :

Mettre dans le robot le lait et la levure (V2 37° 3′) Ajouter la farine, le sel, le sucre et les oeufs et malaxer. Ajouter le beurre mou et la fleur d’oranger et malaxer.

Sur une plaque de four recouverte de papier sulfurisé, poser deux cercles à pâtisserie réglables et verser la pâte entre les deux cercles, puis laisser reposer 2h sous le torchon. La pâte lève assez peu c’est normal !

Mettre au four à 180° sans préchauffage. Pendant ce temps, mélanger 25g de sucre extra-fin avec l’eau chaude. Au bout de 20 mn sortir la fouace et la badigeonner avec la moitié de ce sirop. Remettre au four 10 mn et badigeonner avec le reste du sirop puis saupoudrer avec les 25g de sucre fin restants. Laisser refroidir et démouler.

C’est très très bon et la fouace se conserve 2 ou 3 jours.

Publié dans Mes gourmandises | 8 commentaires

Mort à la Fenice

J’ai enfin lu le premier tome des enquêtes du commissaire Brunetti ! J’ai bien apprécié de découvrir ce commissaire qui, contrairement à pas mal d’autres de ma connaissance, semble plutôt « normal », il est marié à Paola, une femme intelligente avec laquelle il est complice et a deux enfants adolescents. On suit Brunetti dans les rues de Venise, les canaux, les hôtels et la Fenice (superbe opéra ! je viens d’aller regarder des photos sur internet…) où a lieu, au début du roman, la mort de Wellauer, célèbre chef d’orchestre septuagénaire, retrouvé dans sa loge empoisonné au cyanure…

L’enquête commence, à un rythme nonchalant mais agréable, faite de nombreux entretiens dans les différents lieux de la Sérénissime. Je pense que pour ceux qui sont allés souvent à Venise ce doit être encore plus agréable de retrouver les lieux et sûrement l’ambiance qui règne dans cette ville. L’intrigue n’est pas extraordinaire mais sympathique, sur fond de relations familiales complexes et ambiguës.

Je pense continuer de loin en loin à suivre Brunetti !

Publié dans littérature étrangère, romans policiers | 5 commentaires

Strawberry cake

June is english ! Alors voici un gateau aux fraises trouvé ICI que j’appellerai « strawberry cake » si vous êtes d’accord 🙂 Il est très bon ! Fait avec mon robot mais franchement on peut le faire sans, sans problème.

Je participe ainsi au challenge de Lou et Titine, Syl aussi et c’est chez elle que vous trouverez les autres recettes…

Ingrédients :

  • 100 g de sucre
  • 85 g de beurre
  • 1 oeuf
  • 400 g de fraises
  • sel
  • un peu d’arôme de vanille
  • 120 g de lait
  • 190 g de farine
  • 1 cuillère à café de levure

Préparation :

Mélanger tous les ingrédients sauf les fraises. Mettre la pâte dans un moule de 20 cm de diamètre, puis poser les fraises coupées en deux sur la pâte. Laisser cuire 10 mn à 190°, puis 45 mn à 180°.

Publié dans Mes gourmandises | 20 commentaires