Imaginer la pluie

Je ferme la dernière page de ce petit roman inclassable et magnifique, repéré sur le blog de Kathel

Ionah est un enfant du désert, élevé par sa mère. Il a grandi seul avec elle, dans une misérable cabane près d’un puits, à la dure, obligé d’apprendre à se battre et à poser des pièges pour attraper les lézards, seule nourriture avec les quelques maigres récoltes d’un potager aléatoire. On sent bien qu’une menace pèse sur le monde mais le mystère reste entier… Lorsque la mère meurt, Ionah se retrouve encore plus seul même s’il continue à lui parler dans sa tête, mais il va bientôt rencontrer dans le désert un autre être humain…

Difficile d’en dire davantage sans déflorer la suite de l’histoire, il faut surtout accepter d’entrer dans cet univers très épuré, poétique et étrange, les phrases sont courtes, sobres, il y a de nombreux dialogues, l’attention est portée à l’essentiel, aux sensations, aux émotions. J’ai eu souvent le cœur serré dans cette lecture où il est question d’amitié, de solitude, de silence, de choix de vie, d’instinct de survie. Un roman vraiment original et intéressant, sorte de fable philosophique (la référence au Petit Prince est explicite dans le roman).

« Le sable. le sable à perte de vue. Dans toutes les directions. Et au milieu de ce néant qui n’est que sable, un petit puits, deux palmiers, un potager minuscule et un appentis. Et moi sur le toit, essayant d’imaginer la pluie. »

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La folle du logis

La « folle du logis » c’est l’imagination débordante de l’écrivain… Rosa Montero écrit un ouvrage tout à fait hybride, autobiographie, réflexions autour de l’écriture, fiction, c’est un peu tout à la fois, c’est inégal mais réjouissant !

Comme c’est une autobiographie sans l’être, Rosa Montero nous raconte à trois reprises sa nuit d’amour avec un certain M… dans trois versions différentes ! je serais curieuse de savoir laquelle est la plus proche de la « réalité »… Elle évoque son obsession pour les nains dont elle se débrouille toujours (parfois inconsciemment !) pour glisser un exemplaire dans chacun de ses romans, et livre des remarques très justes sur la lecture et l’écriture.

J’avais coché sur ma liseuse plus d’une dizaine de marque-pages et je ne sais pas ce qui s’est passé mais ils ont disparu !! Il me reste les deux ci-dessous…

« Les mots sont pareils à ces poissons des grandes profondeurs, un simple scintillement d’écailles au milieu des eaux noires. S’ils se décrochent de l’hameçon, on a peu de chances de les repêcher. »

« Etre romancier, c’est cohabiter harmonieusement avec la cinglée du dernier étage. »

Keisha a tellement aimé qu’elle a écrit deux billets dessus, ici et !

Et je valide la catégorie « gros mot » pour le challenge d’Enna !

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Cobbler aux pêches

Ce dimanche j’ai testé le cobbler aux pêches, un dessert afro-américain proposé par Enna et qu’on devait cuisiner pour la brigade puisque c’était aussi le nom à trouver pour le jeu de l’anniversaire des Gourmandises !

C’est chose faite et tant mieux parce que c’était vraiment très bon, merci Enna pour la recette !! Et ci-dessous la photo du tilleul de mon jardin sur fond de ciel très bleu… d’ailleurs le cobbler a été mangé sur la terrasse pour la première fois de l’année !

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Dans les angles morts

Février 1979 – dans la petite ville de Chosen, un homme, George Clare, débarque chez ses voisins, sa petite fille dans les bras. Sa femme Catherine a été assassinée à coups de hache…

Retour en arrière, 1978 – Le roman, après le court premier chapitre, va éclairer progressivement, à la manière d’un puzzle, tous les personnages, les circonstances, leurs relations, les émotions. Parfois le même événement est mis en lumière selon le point de vue de deux personnages différents. L’ensemble baigne dans une atmosphère extrêmement étrange, autour de la ferme des Hale, paysans ruinés qui sont morts dans un « accident », laissant leurs trois fils, ferme rachetée pour une bouchée de pain par George, Catherine et leur fillette Franny ; couple malheureux qui montre une façade respectable. (« Ils étaient comme deux usagers des transports en commun, que le hasard a assis côte à côte dans un train à la destination inconnue. ») Autour d’eux gravitent d’autres personnages, les fils Hale, le shérif et sa femme, une jeune fille perdue et perverse…

L’énigme policière est finalement très secondaire ; c’est un roman étrange, fascinant, sombre et lumineux à la fois, qui m’a fait un peu penser aux romans de Laura Kassishke par cette capacité à éclairer peu à peu les « angles morts », toutes les failles des gens sous leur dehors lisses.

Un passage qui est en quelque sorte une métaphore de toute l’histoire : « Ils s’y attelèrent ensemble, et quand ils eurent fini, il remarqua, C’est pas mal non ? En bas le puzzle disait, Le calme et le silence. Il faillit en rire parce qu’une ferme, c’était tout sauf ça. Il n’y avait aucune vérité dans cette scène pittoresque. Ce n’était qu’un chapitre parmi d’autres du grand conte de fées qu’était l’Amérique. Si on voulait voir une vraie ferme, il faudrait des fermiers ruinés et alcooliques, des animaux affamés craignant pour leur vie. Il faudrait des épouses amères, des enfants au nez morveux et des vieux brisés après avoir donné leur coeur et leur âme à la terre. »

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Sopa de Canja

On continue le voyage ! Après l’Equateur, le Brésil et cette délicieuse recette de soupe prise dans le livre d’une amie (photo ci-dessous).

L’Amérique latine c’est chez Nahe ; sur le blog de Syl d’autres recettes dans la journée !

Ingrédients :

  • un demi-poulet (moi j’ai pris la carcasse du poulet du midi + des morceaux)
  • 100 g de lardons
  • 1 branche de céleri
  • 1 tomate pelée et épépinée
  • 1 grosse carotte
  • 1 oignon
  • 30 g de riz
  • origan ou sarriette
  • sel, poivre
  • 1 citron vert

Préparation :

Faire cuire le demi-poulet (moi j’ai mis la carcasse du poulet présenté dimanche dernier – je précise que j’ai fait la soupe le soir même !) à feu doux dans 1 litre d’eau pendant 45 mn (j’ai laissé 30 mn).

Enlever le poulet. Dans une autre casserole, faire rissoler les lardons, mouiller avec le bouillon et rajouter tous les légumes, la sarriette, le sel et le poivre. Faire cuire 15 à 20 mn, ajouter le poulet (j’ai mis les bouts décollés à la carcasse plus plein de morceaux de blancs) et le riz et laisser cuire encore 10mn.

Servir bien chaud avec le persil (que j’ai oublié) et des rondelles de citron vert. C’est absolument délicieux, je referai cette soupe !

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Bilan des recettes

Dans 4 mois, cela fera 5 ans que je publie des recettes tous les dimanches, lors du rendez-vous hebdomadaire organisé par Syl ! Comme Syl publie début février l’anniversaire de ce moment dominical, j’en ai profité pour mettre à jour mes deux pages consacrées et fait le bilan : j’ai publié en tout 33 entrées, 48 plats et 82 desserts, soit 163 recettes !

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Poulet au beurre chimichurri

Aujourd’hui c’est l’anniversaire des Gourmandises ! Syl a publié un joli billet avec tous les logos des années précédentes et un jeu proposé aux participantes… 🙂 MERCI à toi d’organiser ce rendez-vous que j’apprécie toujours autant après trois bonnes années de présence régulière…

Ce mois-ci c’est Nahe qui propose des billets autour de l’Amérique latine, alors en cherchant sur le net j’ai trouvé cette recette sur le blog de Laylita (très bien fait, je testerai sûrement d’autres recettes !) qui vient de l’Equateur, et vu que j’avais acheté un poulet… c’est parti !

D’autres recettes sur le blog de Syl bien sûr !

Ingrédients :

  • un gros poulet
  • persil, basilic et cebette
  • sel, poivre
  • 1 c à s citron vert
  • 4 c à s vinaigre de vin
  • 8 gousses d’ail
  • 2 c à c piment en poudre (j’ai mis du paprika)
  • 225g de beurre

Préparation :

Mixer tous les ingrédients sauf le beurre dans un robot puis ajouter le beurre et mixer jusqu’à obtenir une crème (voir photo !). Je n’ai pas mis autant de beurre… j’ai mis ce qui restait dans mon frigo et adapté les proportions du reste de la recette même si mon poulet était gros.

Badigeonner le poulet (y compris sous la peau) avec la moitié du beurre chimichurri

 

Ajouter pommes de terre et oignons dans le fond du plat.

Mettre 30mn à 220° puis 1h à 200 en rajoutant de la sauce tous les quarts d’heure.

Verdict : SUCCULENT ! fondant, goûteux…

 

 

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