La tristesse du samouraï

Je ne voulais pas finir le mois de mai sans avoir publié au moins un billet pour le mois espagnol de chez Sharon ! J’ai donc lu La tristesse du samouraï (j’avais adoré Toutes les vagues de l’océan l’an dernier, du même auteur). On retrouve une intrigue bien construite basée sur une chronologie un peu complexe et des retours en arrières fréquents ; on retrouve l’impact de la grande Histoire sur les histoires singulières et une vision assez noire de la psyché humaine… Mais celui-ci est peut-être encore plus noir… pas vraiment d’échappées sur une part de bonté ou de joie, ou très peu, et même si j’ai à nouveau beaucoup aimé cette histoire de Victor Del Arbol, j’ai trouvé que c’était vraiment déprimant…

Il est très difficile de résumer l’intrigue tant les fils s’entremêlent habilement… disons qu’il est question de trahison, de recherche du pouvoir (« les hommes mouraient, tuaient, trahissaient des idéaux, embarquaient un peuple entier dans des guerres fratricides, et elle ne comprenait pas pourquoi. Pour le pouvoir, tel est le seul mobile qui mobilise les hommes, le pouvoir, lui avait dit son père un jour. Mais le pouvoir était une chose absurde, abstraite, minuscule et inutile. Il suffisait d’entrer en salle d’opération pour comprendre que les aspirations humaines étaient dérisoires« ), de blessures d’enfance, de la guerre (le roman se déroule entre 1941 et 1981) et du franquisme, des conséquences tragiques du secret familial, d’orgueil et de folie. Entre autres. Un katana japonais joue aussi un rôle central comme un fil rouge (sans mauvais jeu de mots), « la tristesse du samouraï étant le nom de ce sabre).

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Colette et les siennes

Très bon moment passé en la compagnie de Colette grâce à l’auteur Dominique Bona qui excelle à faire revivre pour nous Colette et les siennes, c’est-à-dire ses amies fidèles, Annie de Pène, jeune femme divorcée, journaliste et chroniqueuse pendant la Grande guerre, l’actrice Marguerite Moreno et la benjamine du groupe, Musidora (surnommée affectueusement « petit Musi »), actrice qui jouera dans une des premières séries de cinéma, Les Vampires.

En 1914, le mari de Colette, Henry de Jouvenel, est à la guerre et les quatre amies vivent durant quelques mois dans le chalet de l’écrivain, riant, se tenant chaud, travaillant, entre la peur et la joie de cette amitié et d’une forme de liberté qui a touché les femmes pendant la guerre. En parallèle et de manière fine, Dominique Bona raconte les premières années de la jeunesse de Colette, son mariage avec Willy, le goût de ce dernier pour les parties fines à trois, la soumission extrême de Colette, puis son histoire durant cinq ans avec Mathilde de Morny et enfin son coup de foudre pour Henry de Jouvenel et la naissance, alors que Colette a déjà 40 ans, de son unique fille, Bel Gazou.

J’ai beaucoup aimé suivre ce groupe chaleureux et solidaire de femmes, j’ai admiré la liberté qu’elles revendiquaient dans leurs vies, chacune à sa manière et ainsi mieux connu cet écrivain, son appétit de vivre, sa sensualité et sa générosité.

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Tortilla !

Olé, c’est le mois espagnol les amis, ce qui me va très bien, j’adore 🙂 Je ne vais pas vous refaire des empanadas mais si ça vous tente, la recette est ici et depuis j’en fais souvent avec toujours le même succès 🙂

Chez Syl, c’est espagnol aussi ! Allons aussi voir chez les autres… Nahe, Béa, Hilde, Nathalie, Marion… je mettrai les liens au fur et à mesure dans la journée.

Aujourd’hui c’est tortilla. Une amie m’a apporté l’autre jour un œuf d’oie ! C’est hallucinant, ça fait le double d’un œuf de poule ! La preuve ci-dessous comme ça 1. vous avez directement tous les ingrédients (et le vin pour aller avec) et 2. je peux vous montrer quelques roses du jardin 🙂

Je ne vous fais donc pas la liste des ingrédients (voir ci-dessus), j’ai juste fait cuire et griller à la poêle pommes de terre, oignons et ail, fait revenir à part champignons et poivrons puis j’ai mélangé à part les œufs avec les herbes (ciboulette et persil), le sel et le poivre. Le tout mélangé (pas oublier le chorizo coupé en petits morceaux) et dans la poêle !

Cuisson pas trop longue, repliée encore baveuse sur elle-même, retournée et hop, dans l’assiette avec une petite salade !

Délicieux ! Et encore une petite rose pour finir en beauté 🙂

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Nos âmes la nuit

L’histoire commence par une étrange demande, celle d’Addie, 75 ans bien sonnés,  à son voisin Louis, qu’elle connaît depuis des lustres mais pas intimement : « Nous sommes seuls tous les deux. Ça fait trop longtemps que nous sommes sans personne. Des années. La compagnie me manque. À vous aussi, sans doute. Je me demandais si vous accepteriez de venir dormir avec moi certaines nuits. Discuter. »

Kent Haruf aborde ce tabou de l’amour entre vieux de manière très belle et peu à peu, de nuit en nuit, de confidence en confidence (des vies pas faciles, la mort des conjoints, des secrets peu avouables), se tisse entre ces deux êtres un lien fait de complicité, de douceur, de tendresse et d’humour. Mais autour d’eux, tout le monde ne voit pas cette histoire d’amour d’un si bon œil, et le pire est le fils d’Addie dont la vie de couple est un désastre… Ce qui aurait pu être mièvre est raconté simplement avec beaucoup d’humanité et de sobriété.

Un très beau roman que j’ai refermé le cœur un peu serré… Et j’ai relu du coup le billet de Jérôme qui l’a beaucoup aimé, et celui de Keisha.

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Au coeur des ténèbres

Je prépare le programme de l’année prochaine de mes étudiants qui porte sur le thème de « l’aventure » ! Vaste question ! Et l’une des trois œuvres est celle de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, que je viens de terminer… Whaouh : c’est puissant, terrifiant et envoûtant !

Sur l’estuaire de la Tamise, des marins attendent le départ de leur bateau et l’un d’eux, Marlow, prend la parole pour raconter son histoire, ce qui lui arriva sur un autre fleuve, le Congo, « fascinant, mortel, tel un serpent ». Le bateau longe la côte congolaise : « Elle était là sous vos yeux, souriante, sévère, accueillante, grandiose, laide, insipide ou sauvage, toujours muette avec l’air de chuchoter : « Viens, et découvre la clé. » » Alors commence le voyage de Marlow « au cœur des ténèbres », au centre de la jungle, sur un bateau vapeur de fortune sur le point de s’écrouler plusieurs fois, à la recherche du mystérieux Kurtz, un homme remarquable selon tous ceux qui l’ont croisé, qui fait du trafic d’ivoire au fin fond du pays, et qui, semble-t-il, est malade et doit être ramené en ville.

Tout le roman (en 3 parties – Kurtz n’apparaissant que dans la dernière) se déroule dans une atmosphère fiévreuse, lourde et menaçante, plus le bateau avance – péniblement – sur le fleuve Congo, plus la jungle semble entourer Marlow et ses acolytes de ses sombres secrets : « des arbres, des arbres, des millions d’arbres, massifs, énormes, géants ; et, à leurs pieds, frôlant la rive pour éviter le courant, rampait le petit vapeur crasseux semblable à un insecte gluant sur le sol d’un haut portique. » Marlow décrit tout ce qu’il voit, les Noirs sur la rive criant des choses incompréhensibles, les bruits angoissants dans le noir absolu de la nuit, et jusqu’à l’arrivée de l’endroit où se trouve l’énigmatique Kurtz, dont les paroles terribles auront un impact définitif sur Marlow.

Je comprends mieux pourquoi ce roman a eu autant de succès et a autant fasciné : les descriptions sont hypnotisantes et on est plongé dans ce voyage sur le fleuve au cœur des ténèbres humaines. Apparemment, F. Coppola s’est largement inspiré de ce roman pour son film Apocalypse Now, transposant le Vietnam en guerre des années 1968 à la jungle coloniale des années 1890.

A découvrir, vraiment !

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Pour Isa…

On n’a pas trop le cœur à cuisiner aujourd’hui : notre amie Isa, la grande prêtresse des jeudis poétiques qui nous enchante régulièrement par ses commentaires et ses longs billets est dans la peine : sa maman dont elle s’occupait énormément depuis quelques années, est décédée assez brutalement. Alors pour te dire qu’on pense à toi Isa, Syl a eu la brillante idée (comme d’habitude :)) de partager avec toi des fleurs plutôt que des plats cuisinés… Ci-dessous, les iris de mon jardin et – même si ce ne sont pas des fleurs – des artichauts pour de prochains repas…

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Que faisions-nous le 5 mai à 17h05 ?

De mon côté je téléphonais à ma mère, une bonne tasse de thé à la main, depuis mon bureau et je me préparais à me remettre à mes copies ! On était 12 à participer et pour voir les photos, c’est ici !

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