Seule en la demeure

Je suis longtemps demeurée (sans mauvais jeu de mots) loin de ce bouquin, avec le souvenir de mauvaises, voire très mauvaises critiques. Pourtant, malgré quelques réserves, j’avais plutôt aimé Une bête au paradis. Il a fallu l’avis enthousiaste d’une collègue pour sortir ce livre de ma PAL, et franchement je ne regrette pas !

J’ai plongé très vite au cœur de ce village du Jura, fin XIXe, auprès de Candre Marchère, propriétaire terrien, tôt orphelin de mère et élevé par sa nourrice Henria, qui épouse en secondes noces la jeune Aimée, enfant choyée par son père et qui a grandi avec son cousin Claude. Elle se retrouve dans cette demeure solitaire au fond de la forêt, ignorante des choses de l’amour, auprès d’un homme qu’elle ne connaît que très peu. Pour lui plaire et après l’avoir interrogée sur ce qu’elle aimait faire lorsqu’elle était adolescente, Candre fait venir Emeline, professeur de flûte traversière mais cette venue trouble manifestement Angelin, le fils d’Henria. Que s’est-il réellement passé avec la première femme de Candre ? Quel lien lie Candre et son frère de lait ? Cécile Coulon joue avec les références littéraires, Daphné du Maurier, les sœurs Brontë, le roman gothique anglais, avec beaucoup de finesse. C’est moins violent que Une bête au paradis, mais tout aussi sensuel et trouble, les descriptions sont très belles et les personnages, en particulier les personnages féminins, sont vraiment bien analysés. Ce n’est pas un coup de cœur mais j’ai vraiment bien aimé, contrairement à ce que je craignais !

Superbe couverture, qui illustre particulièrement bien le roman (regardez bien dans le ciel…), comme l’était celle de Une bête au paradis.

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Bœuf au cumin et au riz frit

Hello tout le monde, on fête le nouvel an chinois ce week-end et j’ai découvert complètement par hasard une recette qui s’est révélée excellente, ICI pour le boeuf et LA pour le riz.

Vous voulez d’autres idées pour cuisiner chinois ? Je vous emmène faire un tour dans la cuisine d’Isabelle et des copines !

Ingrédients :

  • 700 g de boeuf (j’avais pris du rumsteack)
  • 1 cuillère à soupe de gingembre haché
  • 8 gousses d’ail finement hachées
  • 5 piments rouges frais en fines tranches (je n’en avais que deux et la prochaine fois, je mettrai un piment et du poivron)
  • 4 cuillères à café de flocons de chilis (on peut mettre du paprika)
  • 4 cuillères à café de cumin en poudre
  • 1 pincée de sel
  • 4 oignons nouveaux (je n’en avais que deux)
  • 300 g de riz, idéalement cuit la veille et réfrigéré (mais surtout, bien lavé avant la cuisson)
  • 2 échalottes en dés
  • 3 œufs battus
  • sauce d’huîtres
  • sauce de soja
  • huile de sésame

Préparation :

Le riz –

Préparer la sauce (1 cuillère à soupe d’huile de sésame, 2 cuillères à soupe de sauce de soja et 1 de sauce d’huitres, 1 gousse d’ail, 1 cuillère à café de sucre et une pincée de sel) dans un bol et réserver.

Faire chauffer le wok à feu moyen-fort avec +- 1.5cm d’huile au fond. Y verser l’ail tranché et mélanger jusqu’à ce qu’il commence à brunir. Ajouter les échalottes et les jeunes pousses d’oignon (le blanc) et faire sauter en mélangeant constamment 2-3 minutes. Rajouter les œufs battus et mélanger doucement pendant 2 minutes de manière à casser un peu l’œuf. Rajouter ensuite le riz et mélanger pendant 3 minutes. Rajouter la sauce et faire encore sauter 5 minutes. Réserver en couvrant pour garder au chaud.

Le bœuf –

Faire mariner le bœuf (2 cuillères à soupe de vinaigre balsamique, 1 cuillère à café de sel, 4 cuillères à café de sauce de soja, 2 cuillères à soupe de maïzena et 2 cuillères à soupe d’eau) 10-15 minutes.

Faire chauffer un bon fond d’huile dans le wok (2cm) à feu très vif puis ajouter le bœuf en 2 temps et bien mélanger pendant 3-4 min max.

Réserver le bœuf et se débarrasser des 3 quarts de l’huile du wok.

Ajouter l’ail, le gingembre, le chili, cumin et piment : faire sauter 2 min. Remettre le bœuf dans le wok et sauter 2 min. Intégrer les jeunes oignons (le vert coupé très finement), mélanger 1 min et c’est prêt. Optionnel : assaisonnez avec un peu d’huile de sésame.

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Les sources

J’aime beaucoup Marie-Hélène Lafon et grâce à une collègue qui me l’a prêté j’ai pu savourer son dernier roman, Les sources. Il se passe dans son coin de prédilection, le Cantal, dans une grosse ferme isolée, et se déroule en trois parties et trois époques (1967, 1974 et 2021), de plus en plus courtes, chacune centrée sur un personnage et ses pensées.

La première partie est la plus forte, la plus poignante. En une petite centaine de pages à peine, et grâce à son écriture caractéristique, tout en sobriété, un mélange d’expressions populaires et de langage soutenu, sans un poil de gras et collant à la perfection aux sensations et émotions brutes, on plonge dans le terrible quotidien d’une femme battue, qui ne part pas par orgueil de patronne d’une belle ferme, ayant toujours à cœur que ses trois filles soient impeccablement habillées quand ils vont manger chez les parents. Mais on comprend peu à peu à quel point elle est usée par les coups, les humiliations et la peur… La seconde partie, sept ans plus tard, épouse le point de vue du mari, dont on peut, sans jamais l’excuser, percevoir la manière dont il conçoit la vie. C’est à une des filles, Claire, que revient le mot de la fin. Les deux premières parties sont percutantes et puissantes, la troisième est trop courte, et nous laisse sur notre faim !

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Petits pains alsaciens (mauricettes)

C’est la première fois que je teste ces petits pains et pas la dernière car c’est vraiment très très bon ! Dans la cuisine d’Isabelle, on cuisine anglais, je suis un peu hors du sujet avec mes petits pains alsaciens !

Ingrédients :

  • 625 g d’eau
  • 115 g de lait
  • 20 g de levure fraîche
  • 500 g de farine
  • 2 cuillères à café de sel
  • 10 g de sucre en poudre
  • 40 g de beurre
  • 2 oeufs
  • 40 g de bicarbonate de soude alimentaire

Préparation :

Dans le robot mettre l’eau, le lait et la levure et remuer en chauffant à 37°. Ajouter tous les autres éléments (sauf le bicarbonate et ne mettre qu’une cuillère à café de sel) et malaxer.

Laisser reposer 1h. Préchauffer à 200° le four, et faire une douzaine de boules avec la pâte dégazée.

Mettre dans une casserole 500g d’eau, 1 c à c de sel et le bicarbonate. Porter l’eau à ébullition et plonger rapidement chaque boule dans l’eau. Les poser sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Badigeonner au jaune d’œuf et ajouter si on veut des graines.

Cuire 12 mn à 200°.

C’est délicieux, avec le bon goût des bretzels !! Excellent avec du beurre, du jambon cru et des cornichons.

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Nature humaine

J’avais été assez séduite par Chien Loup, le seul autre roman de Serge Joncour que j’ai lu, et je n’ai pas été déçue par celui-ci, même s’il m’a manqué un petit quelque chose pour être complètement emballée.

Le personnage principal, c’est Alexandre, 15 ans en 1976, dans une petite ferme du Lot. C’est lui qui reprendra la ferme familiale, c’est entendu dès le départ et c’est lui qu’on suit jusqu’en 1999, au soir de la grande tempête de décembre. En 25 ans, c’est tout un pays qui change, la manière de cultiver les terres, de voir la nature, la politique. Les trois sœurs d’Alexandre sont attirées par la ville, elles quittent la ferme une à une et lorsque Caroline étudie à Toulouse, Alexandre tombe amoureux d’une Allemande colocataire de Caroline. Constanze est l’opposée d’Alexandre : elle est aussi voyageuse, sociable, volage qu’il est enraciné à sa terre, taiseux et fidèle, mais ce qui les rassemble c’est l’amour de la nature même si les deux ont des manières différentes de vivre cet amour-là.

Dans ce roman, c’est tout le quotidien des éleveurs et agriculteurs que Joncour dépeint ainsi que l’incidence des événements de l’histoire, l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, l’explosion de Tchernobyl et les combats contre le nucléaire, la concurrence et la mondialisation.

« nature humaine » : un titre bien choisi qui en explore tous les sens…

« Sans plus personne ici, toutes ces terres qu’il embrassait du regard, ces prairies et ces haies vives auraient vite fait de pousser en tout sens, de se répandre anarchiquement et de s’asphyxier. Personne ne viendrait exploiter une ferme par ici, au contraire elles fermaient toutes les unes après les autres, un jour il n’y aurait plus de vaches pour réguler les prés, plus de chèvres ni de brebis pour tailler les terres d’en haut, plus de paysans pour entretenir les chemins, ce monde-là redeviendrait sauvage, sauvage à s’en étouffer. »

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Dahl aubergines/lentilles, riz et naan

Ce dimanche on part en Inde ! Il me restait une aubergine, que je voulais faire avec des lentilles corail, mais au dernier moment je me suis aperçue qu’il ne m’en restait plus, j’ai donc utilisé des lentilles vertes et c’était très bon !! Isabelle nous a concocté un joli logo et c’est aussi chez elle qu’on trouvera d’autres recettes pour voyager…!

DAHL

Ingrédients:

  • 1 oignon
  • 1 aubergine
  • 100 g de lentilles
  • 300 g eau
  • 1 cube de bouillon de légumes
  • coriandre
  • curcuma, cumin, coriandre en poudre (1 c à c de chaque)
  • citron
  • sel, poivre

Préparation :

J’ai fait au robot mais on peut le faire dans une cocotte, en faisant revenir l’oignon et l’aubergine, en rajoutant lentilles, eau et épices. La recette est ICI !

NAAN

Ingrédients :

  • 120 g lait
  • 30g huile de tournesol
  • 20 g levure fraîche
  • 500 g farine
  • sel, sucre (1 c à c de chaque)
  • 2 oeufs
  • 1 yaourt
  • fromage râpé et/ou fromage frais

Préparation :

Fait au robot aussi (recette ICI) : il faut tout mélanger et pétrir (sauf le fromage !), laisser lever 1h, diviser en 12 petites boules qu’on étale très très fin, sur 6 d’entre elles, on met du fromage, on colle la 2e par-dessus et soudant bien les bords pour obtenir des galettes (6, donc) qu’on met sur une poêle non huilée et bien chaude 2,3 mn de chaque côté (il faut que ce soit bien doré avant de retourner).

TROP, TROP BON !!

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La chambre des merveilles

Bon j’avais un peu un a priori sur ce livre et finalement je n’ai pas boudé mon plaisir même s’il ne figurera sûrement pas dans mon top 10 de l’année ! Le début est assez tragique, puisque Louis, 12 ans, a un accident de skate sous les yeux de sa mère ultra occupée au téléphone avec son boss, et il se retrouve en urgence absolue à l’hôpital. Sa mère, Thelma, effondrée, trouve dans la chambre de son fils un cahier où figurent toutes ses « merveilles », les choses que Louis aimerait faire avant de mourir, alors elle décide de les faire à sa place et de les lui raconter pour lui donner envie de vivre, bouleversant ainsi sa propre vie bien au-delà de ce qu’elle avait imaginé.

Alors oui c’est plein de bons sentiments, c’est parfois un peu too much ou invraisemblable, mais c’est aussi très drôle (il faut imaginer la mère tenter de crier « suivez cette voiture ! » à un taxi parce que son fils a toujours rêvé de le faire, de suivre un stage de foot intensif avec Edgar – je vous laisse découvrir le rôle que tiendra Edgar dans l’histoire – et d’autres rêves savoureux que je ne raconterai pas, ce serait dommage) et émouvant.

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Le Grand Monde

C’est la suite (mais on peut sans problème le lire sans avoir lu les autres avant tant le lien est ténu) de Au-revoir là-haut et les deux autres suivants, mais je vais le dire tout de suite : j’ai été déçue… Je n’ai pas accroché avec la famille Pelletier, aucun ne m’a semblé sympathique, ni les parents (Angèle, une mère accrochée à ses enfants, un père, Louis, qui fanfaronne dans son entreprise de savons – encore que, c’est finalement ce père, au bout du compte, qui a fini par m’attendrir !), ni les trois enfants : Jean un benêt qui se laisse mener par le bout du nez par son épouse et devient tueur en série à cause de son incapacité à laisser sortir son agressivité, sa femme Geneviève, une horrible bonne femme, son frère François, rongé par l’ambition de devenir journaliste, Hélène la petite dernière peinant à trouver sa place et Etienne, homosexuel qui quitte Beyrouth pour Saïgon afin d’y retrouver son ami Raymond dont il est sans nouvelles. On est en 1948, et c’est l’occasion pour l’auteur de brosser le tableau de cette époque d’après guerre, en France comme au Liban ou en Indochine. C’est assez noir, souvent cynique, et m’a laissée sur ma faim.

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Le livre de Rachel

J’ai commencé le livre offert par Nahe dès que je l’ai reçu et je me suis vraiment régalée : c’était le cadeau parfait pour un fan de cuisine et de lecture comme moi !

Rachel est une vieille dame juive vivant dans le petit village de Danda, en Inde. Son mari Aaron est mort, ses trois enfants sont partis en Israël, mais elle souhaite rester dans son village, auprès de la synagogue, aujourd’hui désertée mais qu’elle continue à entretenir comme elle peut. Sa vie se déroule entre ses souvenirs, les plats qu’elle continue à préparer, et les soins à sa chère synagogue. Alors quand des promoteurs s’intéressent au terrain sur lequel ce bâtiment religieux est construit pour en faire une station balnéaire, elle voit rouge, car Rachel a beau être âgée, elle a, en plus de son grand coeur, un fort caractère et une intelligence acérée. Elle contacte un ami avocat de son fils Jacob, Judah, et lui demande de l’aider…

J’ai adoré le personnage de Rachel et je l’ai suivie avec plaisir dans son quotidien, les plats qu’elle prépare, les traditions, sa foi tranquille et optimiste. Chaque chapitre commence par une recette, joliment présentée, ayant évidemment un rapport avec le contenu du chapitre, et je me suis dit que j’en essaierai sûrement une ou deux même si la plupart seront impossibles à préparer car on ne trouve pas ici les ingrédients qui sont utilisés !

Encore un très grand merci à Nahe pour cette belle découverte qui m’a fait voyager et cocher la case « prénom » du Challenge Petit Bac 2023

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Lectures en bref

Pour commencer l’année, voici quelques lectures de vacances, commentées très brièvement !

Douglas Kennedy, Les hommes ont peur de la lumière – Le personnage principal, Brendan, est obligé de faire taxi pour Uber, dans des conditions assez déplorables. Lors d’une de ses courses, il croise le chemin d’Elise, une retraitée qui accompagne bénévolement les femmes qui entrent à la clinique pour avorter, ce qui, on le sait aux Etats-Unis, ne plaît pas à tout le monde et d’ailleurs une bombe explose au centre d’avortement. C’est un roman, mi-thriller, mi-roman noir sur l’Amérique en crise qui m’a semblé un peu lourd et je suis ressortie assez déçue de cette lecture, lue en diagonale, je l’avoue.

Alexis Ragougneau, Opus 77 – De ces trois lectures c’est celle qui m’a le plus emballée, et pas seulement parce que j’adore la musique !

C’est un roman nerveux, fiévreux et romantique autour d’une famille de musiciens, tous plus ravagés les uns que les autres… : le père, Claessens, chef d’orchestre renommé qui fait passer la musique avant tout et tyrannise femme et enfants, Yaël, la mère, devenue folle, la fille Ariane, devenue pianiste soliste célèbre, et enfin son frère David, violoniste de génie, qui a disparu suite à la finale désastreuse d’un grand concours, à Bruxelles.

Ariane joue pour l’enterrement de son père un morceau de Chostakovitch, Opus 77, qui est au centre de ce roman, et en même temps raconte l’histoire de sa famille, au fur et à mesure des cinq chapitres épousant les cinq mouvements de ce morceau de bravoure qu’est Opus 77. C’est un roman sur la puissance parfois terrifiante de la musique, sur le monde souvent terrible des musiciens, mais aussi sur la famille, l’incompréhension entre les êtres, la violence qui peut exister entre eux.

« Si les gens pensent que je suis de glace, c’est parce qu’ils fixent obstinément mon visage, qu’ils trouvent gracieux, harmonieux, et qu’ils oublient de regarder mes mains. Mes mains sont deux braises incandescentes qui s’obstinent à luire quand bien même il ferait froid et noir au-dehors. »

Russell Banks, Oh Canada – « Le monde de son passé est un monde remémoré, pas tout à fait fictif mais, telle une fiction, réducteur, sélectif, structuré par l’invention, par le désir et par des conventions narratives aussi anciennes qu’impossibles à éviter. Il voit et il entend, presque autant que s’il s’agissait d’hallucination visuelles et auditives, les gens qu’il a cru aimer, qu’il aurait pu aimer et qu’il a simplement tenté d’aimer – ceux qu’il a trahis et abandonnés. Ils sont présents comme des hologrammes ou des images résiduelles fantomatiques : ils marchent, parlent, pleurent, font l’amour, fument, plaisantent, font des projets, conduisent des voitures, chantent et dansent, flottent dans l’air obscur entre lui, la caméra et le micro. Et parmi eux, debout au centre – l’endroit qui compte le plus – se trouve l’hologramme du nom de Fife, version remémorée de cet homme telle que se la rappelle ce même homme. » – cette longue citation cerne parfaitement le charme nostalgique de ce roman qui rapporte la confession, devant caméra, d’un vieux réalisateur de cinéma sur le point de mourir. Comme il le dit dans ce passage, Leonard Fife raconte les étapes de sa vie qui l’ont amené à cette fin de vie, en sautant d’un épisode à l’autre, parfois sans cohérence apparente, frustrant régulièrement ceux qui le filment – et le lecteur aussi – de leurs attentes.

Le dernier compte pour le « lieu » du Challenge Petit Bac 2023

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