L’héritier d’Elfandyl

Ce n’est pas un livre comme les autres que je vous propose aujourd’hui mais un roman pour la jeunesse écrit par mon amie au joli pseudonyme Kael A. Lys. Elle me l’a fait lire plusieurs fois jusqu’à la version finale, a tenté de se faire éditer auprès de plusieurs éditeurs et a finalement choisi  de s’auto-éditer.

Ce premier roman de la série intitulée Chroniques elfiques se situe dans un univers peuplé de dragons, d’elfes, d’esprits des bois et d’elfes noirs. Le jeune elfon Ildriss est convoqué avec son dragon Altayïar auprès de Dame Lénya… pour devenir son Elfils, donc l’héritier d’Elfandyl, la cité des Elfes. Avec son compagnon gourmand et joyeux Aélonis et sa dragonne, ils vont tous les deux suivre une formation auprès du mage Ulrien, formation accélérée car l’adoption d’Ildriss par Lénya a lancé les mages noirs à ses trousses…

Une très belle histoire, pleine de fantaisie, de magie et d’humour, un univers qui fait la part belle à l’amitié, la nature et la poésie. Chaque chapitre commence par un petit texte placé en exergue tiré d’un Traité de politique elfique ou de la Gazette des petits lettrés en herbe, ancrant le jeune lecteur dans une réalité imaginaire soutenue par un plan, en début de roman, ainsi que par les phrases écrites en alphabet elfique en début de chapitre.

J’ai particulièrement apprécié les dialogues entre l’elfon et son dragonneau (lorsqu’il voit son elfon amoureux : « Est-ce si évident, s’enquit Ildriss, gêné d’être si transparent. – Comme des écailles sur une peau de dragon ! répliqua le dragonneau, tout sourire devant le trouble de son dragonnier. Ou comme un elfon sans caleçon. C’est selon. » – référence à une scène très humoristique, celle que mon fils a préféré à la lecture de ce roman !)

Une de ses amies a réalisé les belles illustrations et l’ensemble est vraiment de qualité. Si vous voulez la soutenir, voici sa page facebook et son adresse mail : kaelalys@yahoo.com. Si elle arrive à vendre tous les romans (il coûte 15 euros) elle rentre dans ses frais et peut ainsi auto éditer le tome 2 !

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Jeudi c’est poésie

C’est le jeudi poésie chez Asphodèle !

Ci-dessous un poème que j’ai découvert en faisant passer des oraux blancs de bac dernièrement, il est très émouvant dans sa simplicité je trouve, ce poème écrit par Hugo sur son île de Guernesey (avec une photo de lui sur son rocher, fier et sombre !)

Exil

Si je pouvais voir, ô patrie,
Tes amandiers et tes lilas,
Et fouler ton herbe fleurie,
Hélas !

Si je pouvais, – mais, ô mon père,
O ma mère, je ne peux pas,
Prendre pour chevet votre pierre,
Hélas !

Dans le froid cercueil qui vous gêne,
Si je pouvais vous parler bas,
Mon frère Abel, mon frère Eugène,
Hélas !

Si je pouvais, ô ma colombe,
Et toi, mère, qui t’envolas,
M’agenouiller sur votre tombe,
Hélas !

Oh ! vers l’étoile solitaire,
Comme je lèverais les bras !
Comme je baiserais la terre,
Hélas !

Loin de vous, ô morts que je pleure,
Des flots noirs j’écoute le glas ;
Je voudrais fuir, mais je demeure,
Hélas !

Pourtant le sort, caché dans l’ombre,
Se trompe si, comptant mes pas,
Il croit que le vieux marcheur sombre
Est las.

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Les règles d’usage

Ah ! Enfin à nouveau un vrai livre coup de cœur ! De Joyce Maynard, jusqu’à présent, j’ai tout aimé : Baby Love, L’homme de la montagne, Long week-end, Les filles de l’ouragan et son livre autobiographique Et devant moi le monde. Cela dit, mention spéciale pour celui-ci, Les règles d’usage, dans lequel je me suis plongée avec délices…

Pourtant l’histoire est vraiment triste car ce 11 septembre 2001, qui commençait comme tous les matins, Wendy 13 ans, dans la cuisine avec son petit frère Louie, son beau-père Josh qui leur prépare le petit-déjeuner et sa mère Janet encore au lit. Agacée, Wendy ne lui dit même pas au revoir, sous le coup d’une dispute récente. Elle aurait dû car Janet ne reviendra pas ce soir-là… Tout le roman épouse avec une grande sensibilité le cheminement de ce personnage adolescent extrêmement attachant. Le père de Wendy, aux abonnés absents jusque là, vient chercher sa fille et l’emmène avec lui en Californie. Auprès de ce père maladroit, mais surtout grâce aux différentes rencontres qu’elle fait (un libraire et son fils autiste qui n’aime que voir le linge tourner dans les laveries automatiques, une très jeune mère paumée, un adolescent livré à lui-même qui cherche son frère, une fana de cactus), Wendy réussit peu à peu à se reconstruire et traverse l’immense douleur de la perte.

Un roman lumineux et profond sur le deuil, mais aussi l’amitié, les relations familiales et la complexité de cet âge particulier de l’adolescence.

« On continue à respirer, qu’on le veuille ou non. Personne n’est là pour t’expliquer comment c’est supposé marcher. Les règles d’usage ne s’appliquent plus. »

« Elle entendait des sons sortir du fin fond de son être. Un hurlement semblable au bruit que peut faire un bateau, coincé dans le brouillard, ou un instrument qui n’aurait pas encore été inventé, ni cuivre, ni à vent, ni à cordes, et dont aucune note n’aurait jamais été jouée.« 

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Petit pays

J’ai lu ce roman il y a plusieurs jours et je me rends compte que c’est quand même plus simple de faire un compte rendu de ce qu’on a lu tout de suite après la lecture.

Gaël Faye, auteur franco-rwandais, raconte dans ce roman l’enfance de Gabriel, et à travers elle, une partie de la sienne, au Burundi. Il arrive à rendre l’ambiance, les odeurs, les saveurs liées à ce pays et à une enfance joyeuse et lumineuse… au moins jusqu’à l’arrivée de cette affreuse guerre entre les Tutsis et les Hutus et le massacre qui a suivi. « L’enfance m’a laissé des marques dont je ne sais que faire. Dans les bons jours, je me dis que c’est là que je puise ma force et ma sensibilité. Quand je suis au fond de ma bouteille vide, j’y vois la cause de mon inadaptation au monde. »

Gabriel a 13 ans et c’est à sa hauteur d’enfant qu’on perçoit les tensions qui s’exacerbent, les humiliations à cause de sa mère rwandaise, les menaces qui pèsent sur la famille de sa mère, restée au Rwanda. Mais aussi les scènes joyeuses de cette bande de gamins volant les mangues des voisins dans l’impasse et faisant les quatre cents coups. Et puis des scènes absolument terribles, difficilement soutenables, qui laissent abasourdi… Une lecture marquante qui justifie le prix qu’il a reçu. J’ai appris que Gaël Faye est aussi rappeur et j’ai beaucoup aimé la chanson qu’il a écrite et qui donne son nom au roman :

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4 ans déjà !

Je viens de me rendre compte que j’ai laissé passer la date de l’anniversaire de mon blog !! Cela fait 4 ans et une semaine que je viens régulièrement ici et 623 articles et 5200 commentaires plus tard, je continue à poster avec beaucoup de plaisir, grâce à vous tous, au partage et aux échanges chaleureux… MERCI 😉

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Muffins coeur praliné

On cuisine irlandais ce dimanche mais je n’ai pas eu le temps alors ce sera des muffins ! Mais chez Syl, Asphodèle et, Martine,  Nahe, Béa, Hilde, Nath : it’s so irish !

Ingrédients :

  • 180 g farine
  • 1 oeuf
  • 100 g de sucre
  • 10 cl lait
  • 15 cl huile
  • 100 g de chocolat
  • 12 carrés de praliné
  • sel
  • 1 cuillère à café de levure

Préparation :

Mélanger sucre, farine et levure. Dans un autre saladier, mélanger les oeufs, et les liquides. Incorporer le mélange sec dans le mélange humide et mélanger sans insister.

Ajouter 100 g de chocolat fondu.

Mettre dans des moules à muffins et au centre ajouter un carré de praliné qu’on aura mis 1h avant au congélateur.

Déguster !!

Et voilà ! tellement bon qu’on ne peut pas résister…. et sur le banc au soleil avec un bon thé tchaï… miam ! Bon dimanche… c’est presque le printemps !

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De bruit et de fureur

Voilà longtemps que j’avais envie de me frotter à ce classique de la littérature américaine ; il y a quelque temps j’ai vu que Keisha l’avait lu, mais je n’ai que survolé, à peine, son billet (je le lirai après) alors pour mon classique du mois, j’ai enfin ouvert ce roman. J’avoue : j’ai lu deux ou trois choses dessus, mais peu. Et même avec ces quelques petites clés… quelle claque ! J’ai été étourdie de bruit et de fureur, vraiment. Tout est fait pour qu’on se perde, qu’on s’étourdisse, qu’on n’ait plus aucun repère. J’ai lu des pages sans vraiment comprendre, en me laissant porter, en acceptant de rester en-dehors, comme on regarde un tableau dont on ne sait rien du tout, ou comme on lit un poème de Mallarmé pour la première fois. Et peu à peu, les pièces du puzzle s’agencent et on perçoit une partie (infime pour moi à mon avis) de cette oeuvre magistrale qui a été écrite en 1929 !

C’est un roman en quatre parties, se déroulant sur trois jours + un retour de 18 ans en arrière, chaque partie est radicalement différente des autres tout en racontant la même sombre histoire familiale, celle des Compson. La première est le monologue intérieur de l’idiot de la famille, Benjy, la seconde celui de son frère Quentin, étudiant tourmenté par l’amour fou qu’il porte à sa sœur Caddy, la troisième est racontée par le troisième de la fratrie, Jason, qui porte une haine démesurée à cette même sœur et à la fille de cette dernière (qui s’appelle également Quentin, pour ajouter à la confusion générale !) et la dernière est un récit plus extérieur. On n’apprend donc de l’histoire que ce que se disent les narrateurs, sans souci d’explicitation pour le lecteur, et l’écriture épouse l’ordre parfois chaotique (parfois très particulier comme dans le monologue intérieur de Benjy) des pensées des personnages. Un extrait du monologue de Quentin : « idiot idiot es-tu blessé j’ouvris les yeux ses mains couraient sur mon visage je ne savais pas de quel côté jusqu’au moment où j’ai entendu le revolver je ne savais pas où je n’aurais jamais cru que toi et lui s’enfuir filer ainsi je ne croyais pas qu’il aurait elle me tenait le visage entre ses mains »  En plus, ces personnages sont peu aimables pour la plupart, en particulier Jason, dont la cruauté horrifie (« Je ne promets jamais rien à une femme, pas plus que je ne lui dis ce que je compte lui donner. C’est la seule façon de s’en aider. Toujours les maintenir dans l’incertitude. Et si on n’a pas d’autre surprise à leur offrir, on leur fout son poing sur la gueule.« ) La  seule qui est vraiment émouvante c’est la servante noire Dilsey : « on eût dit que muscles et tissus avaient été courage et énergie consumés par les jours, par les ans, au point que, seul, le squelette invisible était resté debout, comme une ruine ou une borne, au-dessus de l’imperméabilité des entrailles dormantes. […] Deux larmes coulèrent le long de ses joues affaissées et parmi les milliers de rides que les sacrifices, l’abnégation, le temps y avaient creusées. »

Une lecture difficile mais vraiment fascinante. J’ai relu le billet de Keisha qui a partagé à peu près le même cheminement que moi !

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