Dessert aux fraises

Allez, vite vite avant la fin de la journée, mon dessert aux fraises : des speculoos en miettes, du yaourt + crème fraîche fouettés + des fraises et un peu de menthe poivrée dessus…

Ce sera tout et en hommage à mon beau-père, le mari de ma maman, décédée jeudi soir. D’où le retard et la brièveté du billet.

Profitez de la vie, everybody, malgré la morosité politique ambiante !!

D’autres billets chez Syl.

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Il reste la poussière

Amateurs de sensations fortes, lisez les romans de Sandrine Collette ! C’est le troisième que je découvre, après Un vent de cendres et Des noeuds d’acier.  Avec Il reste la poussière, j’ai retrouvé cette écriture dense et nerveuse, âpre et violente, mais ce que j’apprécie c’est que  les romans, même s’ils sont portés par un style que l’on peut reconnaître, plongent le lecteur dans un univers particulier et à chaque fois bien différent des autres.

Ici, c’est dans la pampa en Patagonie, au début du XXe siècle, dans une ferme plus qu’austère, que nous convie Sandrine Collette. Le premier chapitre donne le ton et j’avais le cœur serré dès les premières pages à voir Rafael, le petit de quatre ans, maltraité par ses trois frères aînés (les deux jumeaux, Mauro et Joaquin, et Steban considéré comme demeuré parce qu’il ne peut articuler une phrase entière) qui jouent à se le balancer d’un cheval à un autre jusqu’à ce qu’il revienne griffé de ronces et de cailloux, sous les yeux indifférents d’une mère qui préfère son bétail à ses fils depuis que le père a disparu. Le roman se déroule huit ans après cette terrible scène : la violence brutale reste le quotidien de Rafael, qui ne trouve refuge qu’auprès de son cheval et de ses chiens, et le jour où la mère perd Joaquin au poker, les relations familiales se tendent encore davantage…

J’ai vraiment été happée par l’atmosphère rugueuse et fiévreuse de ces terres arides et immenses, par la tension qui règne sur ces personnages rudes et par la description de la relation à l’animal. Un roman d’un noir presque absolu, fascinant qui m’a un peu fait penser aux livres de Ron Rash.

« Il suffirait qu’il ferme les yeux pour oublier le troupeau, ne garder que la cadence, cette curieuse partition monotone et infinie. Un rythme impossible, et lui, extatique et effrayé, une main posée sur le cou du cheval pour rester au monde. »

L’avis d’Aifelle, tout aussi fascinée !

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Mois japonais en raccourci

Comme c’est le mois japonais chez Hilde et Lou j’ai décidé de publier un billet qui regroupe quelques références incontournables, pour moi, quand on dit « Japon ».

Mangas : Taniguchi, sans hésitation. J’ai lu avec passion Le journal de mon père, Quartier lointain, et bien d’autres dont l’Orme du Caucase composé de plusieurs courtes histoires, dont celle qui donne son nom au recueil et à laquelle je pense souvent depuis que j’ai un immense tilleul dans mon jardin, l’âme de la maison…

Polars : J’ai découvert avec La maison où je suis mort autrefois, Keigo Higashino. J’ai adoré l’ambiance étrange de ses romans policiers et j’ai dévoré L’équation de plein été ou Le dévouement du suspect X.

Romans : j’aime beaucoup Yoko Ogawa, en particulier Les tendres plaintes, La formule préférée du professeur et La marche de Mina (mes préférés) mais aussi Les petits oiseaux, Le joueur d’échecs, Tristes revanches ou Parfum de glace. Et j’affectionne aussi Haruki Murakami (pour la petite histoire, mon père aime beaucoup aussi au point d’avoir appelé son chien Haruki !!), en particulier La ballade de l’impossible, Kafka sur le rivage et Chroniques de l’oiseau à ressort (tous lus avant le blog)

Cuisine : contrairement à ce qu’on pourrait croire j’adore la cuisine japonaise, et vais assez souvent au resto japonais (photo ci-jointe). J’essaierai de proposer une recette avant la fin du mois, promis !

Films : Je voue une admiration totale à Miyazaki dont j’ai vu tous les films. Difficile de dire ceux que je préfère… Totoro, Kiki la petite sorcière, Le chateau dans le ciel, Le voyage de Chihiro, Arietty. J’aime aussi énormément le cinéma japonais, les films de Hirokazu Kore-eda par exemple (Notre petite soeur, coup de coeur ! Nobody Knows, Tel père tel fils).

 

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Que faisions-nous le 04/04 à 16h04 ?

Pour une fois, le rendez-vous  du mois avait lieu pendant les vacances ! J’étais dans le joli village de Lautrec, le 4 avril à 16h04. Et vous ? Les autres participations chez Enna !

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Tiramisu aux framboises

Décidément, je passe encore mon tour sur le Japon alors que j’aime tellement ça ! Je ferai un billet spécial sur le Japon tout bientôt… Mais aujourd’hui, un petit détour par l’Italie, et pour Pâques, ce tiramisu aux framboises est aussi parfait !

J’avais un reste de mascarpone qu’il fallait absolument que j’utilise, un blanc d’œuf qui traînait alors hop ! Du coup j’ai testé mes petits moules emporte-pièce, garnis d’une alternance de biscuits à la cuillère trempés dans un mélange de sirop de grenadine/crème de cassis, crème (mascarpone/jaunes d’oeuf/blancs en neige/sucre) et framboises.

C’était délicieux !!

D’autres bonnes choses chez Syl, Asphodèle, Nahe, Béa, Nathalie, Les conteuses, Marion.

Quelques photos du jardin ?!

Pour les deux dernières photos, quelqu’un saurait-il le nom de ces arbustes ?

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Eloge de l’ombre

Cette semaine, en visite chez mon frère, je n’avais rien à lire (très bêtement j’avais pris ma liseuse… déchargée :)). J’ai déniché ce petit ouvrage, que je partage avec vous pour le challenge « Classiques » du Pr Platypus et le mois Japon chez Hilde et Lou (ma première participation, il était temps !).

Tanizaki a écrit cet éloge de l’ombre en 1933. Le début est déroutant car l’auteur réfléchit sur l’architecture japonaise, jusqu’à la manière dont devraient être pensées les toilettes ! Mais peu à peu on comprend qu’il s’agit d’un regard posé sur les choses et la vie, une réflexion sur ce qui sépare l’Occident, qui aime le brillant, le propre (voir les carrelages blancs de nos salles de bains, les toilettes bien propres et blanches) et l’Orient, qui affectionne le patiné, le mélangé, le trouble, l’imparfait. Il évoque par exemple avec beaucoup de poésie la subtilité des objets en laque noir rehaussé d’or qui ne révèlent toute leur profondeur et richesse que dans le clair-obscur des maisons japonaises.

« Je crois que le beau n’est pas une substance en soi, mais rien qu’un dessin d’ombres, qu’un jeu de clair obscur produit par la juxtaposition de substances diverses. De même qu’une pierre phosphorescente qui, placée dans l’obscurité émet un rayonnement perd, exposée en plein jour, toute sa fascination de joyau précieux, de même le beau perd son existence si l’on supprime les effets d’ombre. »

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La maison au bord de la nuit

Ce premier roman de Catherine Banner retrace un siècle d’histoire de 1914 à 2010, sur une petite île au large de la Sicile, Castellamare, qui débute avec l’arrivée d’Amedeo Esposito, un orphelin venu tenter sa chance en tant que médecin sur cette île. Son arrivée, de nuit, est assez surréaliste : il débarque en effet le soir de la fête de Sant’Agatha, et tous les habitants de l’île sont réunis au café « Casa al Bordo della Notte » du titre, qui jouera un rôle central dans l’histoire, et accueillent avec chaleur le premier médecin qu’on n’ait jamais vu sur l’île. Tous les personnages importants sont là, « il Comte » et sa femme Carmela, qui sera la maîtresse d’Amedeo, Pina, sa future femme, et les autres habitants, qui vont évoluer et changer avec le monde extérieur (la première guerre mais surtout la montée du fascisme et la seconde guerre) ; Amedeo et Pina ont 4 enfants dont la dernière Maria-Grazia, miraculée née trop tôt, gardera dans son enfance des jambes qui ne fonctionnent pas bien et un tempérament de feu…

Difficile d’en dire davantage sur les personnages très attachants des trois générations de cette saga familiale, mais c’est très agréable à lire, vivant et enlevé, on se sent transporté dans ce lieu dont on peut facilement imaginer les couleurs, odeurs et saveurs. On sent bien l’attachement viscéral que les personnages portent à cette île, en même temps que le lien parfois ambigu et qui les relie à elle, entre appartenance et rejet. Le roman évoque aussi avec subtilité la complexité des liens familiaux ou l’influence du groupe sur les individus.

« Ils virent ce qu’avait vu Amedeo un siècle plus tôt : un lieu reculé, reclus, fleurant bon le basilic humide, tout au bord de la nuit, aux confins du monde. Ainsi que des miracles : une sainte illuminée de la lueur rouge de mille bougies, une incroyable maison perchée en équilibre tout au bout de la ville. Et, sur leurs visages, Lena lut l’émerveillement qu’il avait dû éprouver alors, le vieux médecin, trouvant au terme de son voyage une île comme celle-ci. »

Merci à Babelio de m’avoir fait découvrir ce livre qui vient de sortir en librairie : une belle découverte !

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