Le jardin des secrets

J’ai pas mal le temps de lire en ce moment alors j’en profite pour lire des pavés… et c’était particulièrement délicieux de se plonger dans ce roman aux multiples rebondissements dont on a sans arrêt envie de connaître la suite !

1913 : une petite fille de 4 ans débarque en Australie, toute seule, avec pour seul bagage une valise blanche et un recueil de contes à l’intérieur… elle est recueillie par une famille aimante qui la nomme Nell.

1975 : Nell, déjà grand-mère, part enfin sur les traces de son passé, en Cornouailles où elle achète une maison.

2005 : Cassandra, la petite-fille de Nell, suit le chemin de cette maison que lui a légué Nell à sa mort. C’est à elle que reviendra de lever le voile sur tous les secrets.

La narration est très habilement tressée entre ces trois dates mais aussi les années 1900-1910 ; peu à peu, de manière subtilement dosée, on comprend tous les drames qui se sont joués et ont conduit au bout du compte Cassandra jusqu’à ce « jardin secret » qui se niche dans le cottage anglais… Les personnages féminins sont très attachants, l’écriture fluide  et l’époque victorienne bien reconstituée. Bref malgré quelques faiblesses de style et quelques invraisemblances, j’ai passé un très bon moment.

Et c’est mon deuxième pavé de l’été avec 700 pages environ !

 

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Projet 52 (22 et 23)

j’ai sauté plein de thèmes : « dans les cheveux » (dans le miens souvent des bouts d’herbes et pas coiffés), « look » (en ai-je un ?!), « les coulisses » (euh…) « nouveau » (trop large) et « hygge » (??). Voici les deux derniers :

Sur mon bureau, en version été, il n’y a pas de copies, c’est à peu près rangé et les volets sont à l’espagnolette.

Café ou thé ? Pour moi il est impossible de choisir, je suis plus café qu’avant, je peux difficilement faire sans celui de 10h au boulot, mais j’apprécie aussi le thé à 17h et la tisane le soir. La photo ci-dessous parce que c’était un moment heureux et c’est du thé à la menthe maison.

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22/11/63 – pavé de l’été !

Et voici ma participation au pavé de l’été de Brizé, avec 1056 pages !! C’est grâce à toi Brizé car j’ai feuilleté les archives  du challenge et découvert deux ou trois articles élogieux de ce roman ( SylireBrizé ) qui m’ont donné envie… c’était l’occasion ou jamais de me lancer dans un bouquin de Stephen King dont je me suis toujours tenue à l’écart par peur d’avoir trop peur.

Le narrateur à la première personne est un prof d’anglais en lycée, corrigeant les copies d’un atelier d’adultes en cette banale fin d’année scolaire de 2011. Un étrange coup de fil de son ami Al Templeton, atteint d’un cancer en phase finale, va faire basculer Jake Epping dans une faille temporelle directement en 1958. Le « terrier » fonctionne dans les deux sens, mais pour ceux de 1958, c’est toujours la première fois. Al propose à Jake de passer quatre ans dans le passé et d’empêcher l’assassinat de Kennedy, le 22/11/63… Evidemment on ne passe pas quatre ans impunément dans le passé sans en modifier la teneur…

Et me voilà embarquée, complètement, dans ce roman puissant, dense, passionnant, hyper documenté et qui immerge son lecteur dans l’histoire de l’Amérique des années 60. On s’attache pleinement à ce personnage de Jake Epping alias George Ambleton (son nom dans le passé) et à la femme dont il va tomber amoureux. Et même la fin est réussie ! Stephen King est un conteur hors-pair et précisément pour cette raison, je ne me lancerai sûrement pas dans ses romans d’horreur !

Une très belle citation : « Le monde est un mécanisme parfaitement équilibré d’appels et d’échos de couleur rouge qui se font passer pour un système d’engrenages et de roues dentées, une horlogerie de rêve carillonnant sous la vitre d’un mystère que nous appelons la vie. Et au-delà de la vitre, et tout autour d’elle ? Du chaos, des tempêtes. Des hommes armés de marteaux, des hommes armés de couteaux, des hommes armés de fusils. Des femmes qui pervertissent ce qu’elles ne peuvent dominer et dénigrent ce qu’elles ne peuvent comprendre. Un univers d’horreur et de perte encerclant cette unique scène illuminée où dansent des mortels, comme un défi à l’obscurité. »

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Carte postale des vacances (1)

J’ai envie de partager un peu de mes vacances avec vous en 10 photos, les voici !

Quelques jours dans la maison de ma maman, sur le Larzac et au bord de la Dourbie :

Passage dans le Gers et petit clin d’oeil à Alexandre Dumas et ses Trois Mousquetaires (à Auch)

Détente en camping :

Et surtout randonnées dans un merveilleux coin des Pyrénées, le massif du Neouvielle :

J’ai pu bouquiner pas mal et je vous parlerai bientôt de mon « pavé de l’été » 🙂

Bon été à tous !

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Challenge Thrillers et Polars

Pour la 3e fois je m’inscris à ce challenge gentiment organisé par Sharon ! J’ai lu 16 polars en 2016-2017 et pareil en 2017-2018, je vise donc la vingtaine pour cette année ! Au moins je commence fort avec trois titres en un… 🙂

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Les enquêtes de Gamache, tomes 2, 3 et 4

Décidément j’aime beaucoup cette série d’enquêtes autour d’Armand Gamache ; d’un roman à l’autre, on suit cet inspecteur et sa femme mais aussi tous les personnages secondaires, Beauvoir, son adjoint aux costumes impeccables, l’agente Lacoste qui parle aux morts, et tous ceux du village de Three Pines, Ruth la poétesse bourrue qui s’est prise d’amitié pour un canard, le couple gay Olivier et Gabri qui tient le bistro, Clara et Peter Morrow, couple d’artistes et les autres. Les zones d’ombre de chacun sont peu à peu dévoilées au fil des romans. Des remarques sur la famille, la complexité des caractères et d’autres thèmes se glissent, toujours pertinentes et non dénuées d’humour. Bref, c’est comme regarder une bonne série, la preuve j’ai englouti les quatre premiers tomes en ce début d’été !

En plein coeur

Sous la glace : On retrouve le petit village de Three Pines, un an plus tard, qui s’apprête à fêter Noël. Mais un personnage plus que désagréable est venu s’installer quelque temps plus tôt au village ; on l’appelle CC de Poitiers, elle vient de faire paraître un livre intitulé Be calm, mélange de new age mal digéré et de spiritualité de Monoprix. Surtout qu’elle-même est tout sauf calme : méprisante, hautaine, glaciale, elle distille le venin autour d’elle, y compris son mari, mou et inexistant et sa fille Crie, qu’elle rabaisse sans cesse.

Alors quand cette horrible femme vient à mourir, il ne manque évidemment pas de suspects… sauf que sa mort était quasi impossible à organiser puisqu’elle meurt électrocutée lors d’un match de curling (Wiki me précise qu’il s’agit d’un sport de précision pratiqué sur la glace avec des pierres en granite, taillées et polies selon un gabarit international) et pour cela il fallait toute une série de circonstances bien précises, très difficiles à mettre en place, surtout en présence de tout un village !!

Le mois le plus cruel : Lors d’une séance de spiritisme, à Three Pines, une des participantes meurt… de peur ! Lors de cette affaire, bien des secrets sont dévoilés mais également en parallèle, les dessous d’une enquête qui s’est déroulée avant le début de la série et qui a nui à Gamache. Dans cet opus, Gamache et sa famille sont traînés dans la boue et peu de personnes s’en sortiront indemnes…

Défense de tuer : Du coup, après la précédente enquête difficile, Armand Gamache et sa femme Reine-Marie se reposent au Manoir Bellechasse, un lieu idyllique dans lequel il viennent fêter leurs 30 ans de mariage. En même temps se tient la réunion de la famille Finney, et pour l’occasion la statue du premier mari de Mme Finney va être érigée. Evidemment, pas de repos pour notre inspecteur chef puisque la fille de cette famille, Julia, est retrouvée morte, écrasée par une statue pourtant colossale… L’enquête va se révéler compliquée et tortueuse surtout que Peter, ami de Gamache et habitant de Three Pines, est un des enfants de cette famille assez tordue…

« Gamache était le meilleur d’entre eux […] parce qu’il était disposé à entrer seul dans sa propre tête, à y ouvrir toutes les portes, à entrer dans toutes les pièces obscures. A se lier d’amitié avec ce qu’il y trouvait. Il entrait aussi dans les recoins sombres et cachés des autres, dans l’esprit des tueurs. Il affrontait tous les monstres qui venaient vers lui. Il allait dans des endroits dont Beauvoir n’aurait même jamais imaginé qu’ils existaient. »

« Car le meurtre est profondément humain. Il ne s’agit pas tant de savoir ce que font les gens, mais comment ils se sentent, car c’est là que tout commence. Un sentiment jadis humain et naturel s’est gauchi, est devenu monstrueux, fielleux, corrosif, jusqu’à ronger son contenant même. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’humain. »

Et une belle définition du meurtre : « Le meurtre est un secret étalé dans le temps ».

Et voilà trois titres pour le challenge Thrillers et Polars de Sharon !

 

 

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Instantanés d’Ambre

J’aime beaucoup Yôko Ogawa dont j’ai lu beaucoup de romans, la plupart avant le blog mais ici j’ai chroniqué Le petit joueur d’échecs.

Le titre français n’est pas très bien choisi à mon avis, il aurait dû être aussi poétique et étrange que ce livre qui oscille entre le présent, dans une maison de retraite, où la narratrice décrit un des pensionnaires, M. Amber, un vieux monsieur parlant tout doucement, dont la cornée est partiellement constituée d’ambre et incrustée de silhouettes de défunts ou d’animaux, et le passé de ce personnage… qui commence le jour où la mère du tout jeune garçon se réfugie avec ses trois enfants dans une villa ayant appartenu à un père qu’ils ont peu connu. Elle vient de perdre une petite fille de trois ans, tombée malade le lendemain du jour où elle a été léchée au visage par un chien famélique. Pour la mère, c’est le chien maléfique qui est la cause de la mort de sa benjamine, c’est pourquoi elle interdit formellement à ses trois enfants de quitter la maison sous peine d’être attaqués par le chien… Elle leur demande de se choisir un nouveau nom en ouvrant l’Encyclopédie réalisée par leur père, au hasard.

C’est ainsi qu’ils deviennent Opale, Agate et Ambre, et grandissent, totalement coupés du monde durant des années dans leur maison et leur jardin, seuls, mais unis par un sentiment profond et une présence intense à leur univers : ils inventent des jeux et trouvent la magie dans chaque chose, et ce qui pourrait nous paraître glaçant est pour eux une vie précieuse et poétique…

Yôko Ogawa nous plonge dans cet univers très étrange, une sorte de conte onirique et fantastique, par une langue tout en subtilités au charme puissant et dérangeant aussi car on est assez horrifiés par cette mère surprotectrice qui en devient maltraitante sans s’en rendre compte et fascinés par ces enfants qui, tel Ambre, une fois sortis de l’enceinte de leur prison, resteront toujours profondément nostalgique de ce temps où ils étaient enfermés mais heureux…

Une très belle lecture !

Et j’ai terminé ma première ligne du Challenge d’Enna Le Petit Bac 2018 avec « Ambre » dans la catégorie objet !

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