Les crocodiles

Une fois n’est pas coutume, je présenterai une BD que j’ai trouvée très réussie et efficace, pour ce lundi 8 mars, journée internationale du droit des femmes.

Les crocodiles, ce sont les hommes quand ils se comportent de manière sexiste, méprisante, dégradante, quand ils sont dominateurs et violents. Tout est en noir et blanc, sauf ces crocodiles verts. Le but c’est que tout le monde s’identifie aux femmes, dans ces différentes épisodes de sexisme ordinaire et de harcèlement de rue racontés par des femmes et que le dessinateur Thomas Matthieu a dessinés.

Les différentes histoires racontées sont brutes et parfois glaçantes, mais c’est bien ce qui se passe tous les jours et pour tant de femmes… et à la fin se trouvent des astuces et stratégies pour agir contre le harcèlement de rue, en tant que victime et en tant que témoin.

 

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frites butternut

Il me restait une demi courge butternut au frigo et j’ai trouvé sur internet (mais je ne sais plus où) cette recette très très sympa ! J’ai ajouté aussi des pommes de terre que j’ai fait version potatoes (enrobées de farine, paprika, sel, poivre et huile) et c’était un super repas !

Allons voir ce que les copines ont préparé ce dimanche…

Ingrédients :

  • de la courge butternut (ou une demie pour moi)
  • environ 2 cuillères de concentré de tomates
  • 4 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • 1 cuillère à café d’herbes de Provence
  • 1 cuillère à café de paprika
  • du parmesan

Préparation :

Couper la courge en forme de frites. Mélanger les autres ingrédients (sauf le parmesan) et badigeonner les frites avec. Les saupoudrer de parmesan ou gruyère (j’ai fait les deux car j’avais une amie végétarienne à la maison et j’ai découvert que le parmesan contient de la présure faite avec de l’estomac de veau !) et faire cuire sur la plaque pendant environ 30 mn à 180°.

Bon appétit !

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Murambi, le livre des ossements

Avec mes élèves je travaille en ce moment sur le génocide rwandais et sur le manuel se trouvait un extrait de ce livre alors comme je suis tombée dessus à la médiathèque, je m’y suis plongée. Depuis le début de mon travail sur ce thème, cette histoire me hante un peu : comment imaginer  800 000 morts en 100 jours, 70 % de la population tutsie massacrée par les Hutus ?

L’auteur, sénégalais, participe, avec dix autres écrivains africains, en 1998 à un projet d’écriture sur le génocide des Tutsi au Rwanda et publie ce livre. Murambi : sinistre nom du lieu d’un des massacres. Les Tutsis avaient essayé de se réfugier dans l’église locale et les autorités (l’évêque et le maire) les ont attirés dans l’Ecole technique en les assurant qu’ils seraient protégés. Sur les 65 000 Tutsis, seule une trentaine aurait survécu… L’auteur imagine différents personnages et leur donne la parole : Faustin, un des membres de la milice des massacreurs, Jessica, engagée dans le FPR (Front Patriotique Rwandais), Tutsis camouflée par une carte d’identité hutue et qui lutte pour faire cesser le génocide, le colonel Perrin officier de l’armée française (et j’ai découvert à quel point la France avait joué un rôle trouble dans cette histoire). Et puis il y a Cornelius, de retour au Rwanda après des années d’exil, revenu pour connaître le secret de son histoire, tragiquement liée au génocide.

C’est sobre, documenté, poignant, magnifique. 

« Entre notre avenir et nous, des inconnus ont planté une sorte de machette géante. Vous avez beau faire, vous ne pouvez pas ne pas en tenir compte. La tragédie finit toujours par vous rattraper. »

Le personnage de Siméon Habineza, l’oncle de Cornelius, est un personnage lumineux et sage, voilà ce qu’il dit aux habitants de Murambi, après le massacre : « Quand j’étais jeune, c’est ainsi que les choses ont commencé. Après avoir détruit cette maison, vous allez rentrer chez vous. En chemin certains diront : ici habite un Hutu, pour nous venger prenons ses biens et tuons ses enfants. Mais après, vous ne pourrez plus vous arrêter pendant des années. Je veux vous dire ceci : vous avez souffert mais cela ne vous rend pas meilleurs que ceux qui vous ont fait souffrir. Ce sont des gens comme vous et moi. Le mal est en chacun de nous. Moi, Siméon Habineza, je répète que vous n’êtes pas meilleurs qu’eux. Maintenant, rentrez chez vous et réfléchissez : il y a un moment où il faut arrêter de verser le sang dans un pays. Chacun de vous doit avoir la force de penser que ce moment est arrivé. »

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Sur les ossements des Morts

Quel livre étrange !! Son personnage principal est une ingénieure à la retraite vivant dans un hameau au fin fond de la Pologne. Elle passe aux yeux de tous pour une vieille folle férue d’astrologie et lorsque plusieurs morts inexpliquées adviennent elle rédige plusieurs lettres à la police pour développer l’hypothèse que ces morts sont le fait des animaux qui se vengent d’être maltraités par l’homme…

J’ai été assez déconcertée par ce récit à mi-chemin entre l’enquête policière, le récit écologique et engagé et la fable humoristique. On apprend aussi pas mal de choses sur les animaux et les insectes et certains passages sont drôles.

« Je vois les gens se mouvoir à tâtons au milieu de l’obscurité éternelle, tels des hannetons enfermés dans une boîte par un gamin cruel. »

« Il y a un vieux remède contre les cauchemars qui hantent les nuits, c’est de les raconter à haute voix au-dessus de la cuvette des W.-C., puis de tirer la chasse. »

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Tajine poulet citrons confits et gâteau d’anniversaire

Le dernier dimanche du mois c’est recette commune ! Aujourd’hui Béa nous propose un tajine, ça tombe bien j’adore ça, j’en fais assez souvent et je me rends compte que je n’ai jamais publié de recette de tajine sur ce blog !! Le plus souvent je fais des tajines d’agneau aux pruneaux ou abricots ou bien des cuisses de poulet au citron confit. Là j’ai eu envie de suivre à la lettre la recette proposée par Béa tirée d’un bouquin et franchement j’ai bien fait, c’était délicieux !

Mais c’est aussi (en fait c’était dimanche dernier mais j’ai oublié donc je me rattrape aujourd’hui :)) les 10 ans de la brigade des Gourmandes, ce rendez-vous du dimanche que je rate rarement tant j’aime ces moments très chaleureux, que je suis depuis plus de six ans maintenant. Mes horizons culinaires se sont largement ouverts grâce à ces rendez-vous dans la cuisine de Béa, Rosa, Isabelle, Estelle, Hilde, Enna, L’Irrégulière, Nahe, Lydia, Eimelle, (désolée d’avance pour celles que j’aurais oubliées !) et surtout… Syl, sans laquelle tout cela n’aurait pas lieu, qui avec patience, constance, bienveillance et bonne humeur orchestre ces rendez-vous : MERCI !! ❤

Ingrédients :

  • un poulet entier découpé par le boucher (le mien faisait presque 2 kgs)
  • 4 oignons
  • 6 gousses d’ail
  • 250 g d’olives
  • 1 cuillère à café de gingembre
  • 2 doses de safran (j’ai mis une trentaine de filaments mais j’aurais pu en mettre plus)
  • 4 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • 2 citrons confits

Préparation :

Saler et poivrer les morceaux de poulet et les recouvrir de l’huile mélangée aux épices. Faire revenir les morceaux à feu vif puis réserver. Dans la même poêle, faire revenir les oignons et quand ils sont translucides ajouter l’ail, les citrons confits et les olives.

Ajouter 30 cl d’eau et faire cuire au four dans un plat couvert (mon plat à tajine était trop petit, j’ai pris une cocotte avec couvercle 2h.

Pour le gâteau, j’ai repris la recette de la fouace de St Cyprien, et pour une fois, c’est moi qui souffle les bougies !!!

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Une éducation

Attention, livre coup de cœur ! J’ai été happée, plus exactement empoignée par le récit autobiographique de cette jeune femme de 34 ans, Tara Westover, née dans l’Idaho au sein d’une famille de Mormons radicaux : le père gagne sa vie en vendant de la ferraille, il croit à la fin du Monde proche, fait en prévision des milliers de bocaux de fruits et enterre du fioul, refuse que ses enfants aillent à l’école et élève ses enfants à la dure. A dix ans, Tara travaille pour son père sur la décharge, comme ses six frères et sœurs. Le père déverse des tonnes de ferraille sans se soucier si ses enfants sont dessous et lorsqu’ils sont blessés, parfois gravement, pas question de médicaments ou de docteur, la mère, sage-femme pour tout le village, veille avec ses huiles essentielles. Seule lecture autorisée, la Bible que le père interprète parfois de manière… très personnelle (Un extrait de la Bible « il mangera de la crème et du miel jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien » le pousse à acheter des kilos de miel et interdire tout produit laitier à sa famille durant quelque temps !)

Le premier à partir, parce qu’il est différent, parce qu’il aime les livres et la musique, c’est le frère aîné, Tyler, et Tara grandit entre l’envie d’aller elle aussi à l’université et la loyauté envers ses parents et c’est un long et douloureux processus d’émancipation qui la conduira à l’université la plus proche, la BYU, où elle doit apprendre tous les codes sociaux, jusqu’à Cambridge puis Harvard. 

J’ai été vraiment complètement prise par cette histoire très forte qui pose des questions profondes. J’ai trouvé l’autrice d’une authenticité, d’une lucidité et d’une humanité assez admirables. Certaines scènes sont poignantes, surtout celles où elle raconte ce combat pénible face à sa famille qui refuse son changement, fait tout pour la ramener dans le « droit chemin » par tous les moyens, le chantage, la violence… Un témoignage très puissant, qui ne laisse pas indemne…

« Nous avions payé pour tout cela, estimais-je. Mère. Luke. Shawn. Nous avions été meurtris, tailladés, assommés, nos jambes avaient pris feu, nos crânes avaient été ouverts. Nous avions vécu en état d’alerte, dans une sorte de terreur permanente, nos cerveaux gorgés de cortisol parce que nous étions convaincus que ces événements risquaient de survenir à tout moment. Parce que papa avait toujours placé la foi avant la sécurité.« 

« Tout ce pour quoi j’avais travaillé, toutes mes années d’études avaient existé afin que je puisse m’offrir ce privilège : voir et vivre plus de vérité que celles qui m’étaient données par mon père, et me servir de ces vérités-là pour me construire mon propre esprit. […] Ce que mon père voulait rejeter loin de moi, ce n’était pas un démon : c’était moi. »

Et une très belle phrase pour finir : « Je ne suis plus l’enfant que mon père a élevée, mais il reste le père qui a élevé cette enfant.« 

C’est Kathel qui m’a donné envie de lire ce livre ! et je viens de voir que Mumu en a fait un billet il y a une semaine (enthousiaste aussi) !

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La vérité sur Lorin Jones

Aifelle nous a proposé, via FB, une lecture commune autour de l’autrice Alison Laurie, décédée fin 2020. J’ai choisir La vérité sur Lorin Jones, sur les conseils d’Aifelle, et sans rien connaître, ni de l’auteur, ni de ce roman !

Polly Alter (bien vu le nom !) est une jeune femme divorcée, mère d’un ado de 14 ans, qui vient d’obtenir une bourse pour écrire la biographie d’une jeune femme peintre décédée, Lorin Jones, dont on sait finalement peu de choses. Les déboires de Polly, sa colocation avec son amie lesbienne Jeanne pendant que son fils est chez son père, ses atermoiements sur sa sexualité ou sur le féminisme alternent avec les différents interviews des personnes qui ont connu Lorin Jones, son ex-mari, sa belle-sœur, ses amis, etc. Autant dire que la « vérité » devient de plus en plus difficile à cerner au fur et à mesure des interviews, chacun ayant d’autant plus à cœur de se mettre en valeur que Lorin Jones est devenue quelqu’un de célèbre après sa mort… Et si, d’ailleurs, Lorin Jones, que Polly admire au point de s’identifier à elle (d’ailleurs Polly souhaitait devenir peintre elle-même, mais lors de son voyage de noces, en 1970, elle avait vu un tableau de Lorin Jones et avait pensé que Lorin avait déjà peint tout ce qu’elle aimerait peindre elle-même, ce qui l’avait fait renoncer à son rêve), n’était qu’une femme ordinaire avec ses failles, ses zones d’ombre ??

 J’ai eu du mal à me sentir proche de cette Polly un peu agaçante, et je crois surtout qu’il m’a fallu un certain temps pour comprendre le style d’Alison Lurie dont j’ai de plus en plus apprécié la plume vive, nerveuse et assez acide et critique.

Voilà ce que pense Polly lors d’un rendez-vous chez son dentiste : « Nous n’avons rien en commun, gros saligaud, pensa-t-elle. Mais si, mais si, répondit dans sa tête une voix insistante. Tu as bien enfoncé ta sonde, n’est-ce pas, dans ta quête des racines malades de la vie de Lorin Jones ? Et tu as l’intention de les remplir d’amalgame et de recouvrir le tout d’une surface blanche, brillante et trompeuse ? »

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Patates douces féta et grenade

Il me restait de la grenade, j’avais des patates douces et Papilles et pupilles m’a donné une bonne idée qui s’est avérée très goûteuse et originale ! Et je profite pleinement de ces vacances… j’envoie mon billet depuis les Pyrénées Orientales où j’ai enfin pu passer une journée à la mer (photo jointe !) – Voyons ce qu’il y a de bon chez les copines

Ingrédients :

  • 4 patates douces (pas trop grandes)
  • 4 cuillères à café d’huile d’olive
  • 1 cuillère à soupe de thym séché
  • 12 cubes de feta aux herbes (dans les bocaux, avec l’huile)
  • 8 cuillères à café de grains de grenade 
  • 4 pincées de sel
  • 4 cuillères à soupe de persil plat haché (pas mis)

Préparation :

Fendre les patates douces en deux et quadriller la chair. Les déposer sur une plaque de cuisson. Badigeonner chaque moitié d’1/2 cuillère à café d’huile d’olive et saupoudrez d’une pincée de sel.

Enfourner dans un four préchauffé à 180°C pour 45 minutes de cuisson, chaleur tournante.

A la sortie du four, émietter sur chaque demi patate douce 3 cubes de feta. Ajouter 1 cuillère à café de grains de grenade et 1/2 cuillère à soupe de persil plat.

J’ai servi ce plat avec une dorade cuite au four et du vin blanc 🙂

 
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Le carrot cake de la maman de Madeleine

J’aime bien regarder le blog de Madeleine, moi qui ne vis pas du tout dans ce monde-là, j’aime y flâner et rêver en regardant ces jolies photos de tous les endroits où elle voyage, elle la franco-anglaise londonienne qui bouge un peu moins ces temps-ci… Alors quand j’ai vu ce carrot cake de sa maman (cliquez pour voir la recette que j’ai suivie à la lettre !) j’ai eu envie de le tester… et j’ai bien fait il est tout simplement PARFAIT !! Moelleux comme tout et le glaçage, légèrement acidulé, va vraiment bien avec le cake… A déguster quand il fait froid, avec un thé un peu épicé !

Qu’y a-t-il de bon aujourd’hui ? La réponse est toujours dans cette cuisine

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Les grandes marées

Le Puget Sound c’est un bras de mer de l’Océan Pacifique, au Nord-Ouest de l’Etat de Washington. C’est là, dans une vieille maison branlante sur pilotis, qu’habite le jeune Miles O’Maley. Le livre raconte à la première personne l’été de ses 13 ans, l’été des grandes marées…

Une nuit, dans la baie, il découvre un incroyable spécimen, un calamar géant et devient bien malgré lui la vedette locale, surtout lorsque quelques jours plus tard, il tombe nez à nez avec un autre créature qu’on ne voit normalement que dans le ventre des cachalots. Il n’en faut pas plus pour que les journalistes se pressent dans ce petit coin paumé et que tous les illuminés accourent voir le prodige. Miles, lui, est passionné d’exploration maritime, mais il est aussi complexé par sa taille, timide, en proie au désir pour la fille du juge Stegner et désespéré de voir l’imminence du divorce de ses parents. Sa meilleure amie ? Une vieille femme, Florence, menacée par une maladie dégénérative qui lui prédit l’arrivée imminente de la plus grande marée du siècle…

« – Comment se fait-il que tu sembles toujours découvrir des choses incroyables dans cette baie ? insista-t-elle. Je remarquait le petit micro argenté dans sa main et fixai la caméra derrière elle. – Parce que je suis toujours en train de regarder, et qu’il y a tant de choses à voir.« 

 « Peut-être que la Terre essaie de nous dire quelque chose » dit Miles à la journaliste, il a bien raison… Cette fable écologique et roman initiatique à la fois m’a fait découvrir un univers fascinant (j’ai appris plein de choses sur des créatures marines assez extraordinaires comme le nudibranche, sorte de limace des mers aux couleurs chatoyantes mais qui a un goût immonde, ou le régalec, un hareng géant de cinq mètres de long) et je me suis attachée au personnage de Miles qui découvre peu à peu la vie adulte cet été-là…

Encore une découverte de ce super éditeur, Gallmeister et la couverture est, comme souvent aussi, magnifique !

L’avis de LecturissimeA l’horizon des mots (très joli billet ! quel dommage qu’elle ait fermé son blog l’an dernier…)

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