Un fils en or

C’est l’avis de Kathel qui m’a convaincue de le lire et j’ai bien fait car c’est vraiment un coup de cœur (il entrera même dans mon top 10).

Malgré son nom indien, l’auteure n’est pas née en Inde mais à Toronto où ses parents ont émigré. Comme elle, son personnage principal, Anil Patel, quitte son village natal en Inde pour aller faire ses études de médecine au Texas. Il laisse son amie d’enfance, Leena. C’est la fille d’un métayer pauvre et pour le « fils en or » (le fils ainé), les parents Patel préfèrent les éloigner l’un de l’autre. On suit les destins de ces deux personnages en s’attachant très vite à eux. Anil est déraciné au Texas, heureux de pouvoir apprendre la médecine dans un hôpital américain, soutenu par deux compatriotes mais soumis aussi au racisme et au mal du pays. De son côté, Leena est mariée à un homme apparemment influent mais qui a en réalité organisé ce mariage en vue d’empocher une dot importante, et qui maltraite très vite la jeune femme.

Raconté comme ça, on dirait un roman un peu à l’eau de rose, rien de tel. On en apprend énormément sur les coutumes et la vie en Inde, la condition des femmes (pas enviable du tout !!). L’auteure a su très bien exprimer ce sentiment d’exil d’Anil, ni tout à fait chez lui en Inde, ni tout à fait à l’aise aux Etats-Unis. Je me suis laissée emporter dans cette histoire riche et pleine de vie. La fin aussi est réussie.

« On ne peut pas réparer complètement une poterie. L’argile a une mémoire. Une fois qu’elle a été mutilée, la chaleur se charge de le lui rappeler. Le point faible, c’est toujours là où il a eu une fracture. Elle remarqua qu’Anil l’écoutait, le regard intense. C’est pareil avec les êtres humains, dit-il en reposant la tasse sur l’étagère. »

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La panthère des neiges

J’aime bien Sylvain Tesson, même s’il m’agace parfois, j’avais lu avec plaisir Dans les forêts de Sibérie, Bérézina, été un peu déçue par Les chemins noirs. Il m’a a nouveau conquise avec La panthère des neiges, j’ai trouvé qu’il y était moins fanfaron, plus apaisé, avec une bonne dose d’auto-dérision et beaucoup, beaucoup d’amour (comme toujours mais là peut-être plus encore) pour la nature sauvage. Et quel beau style !

On embarque avec lui, son ami photographe Vincent Munier et sa femme Marie, et un quatrième larron, Léo, vers les hauts plateaux du Tibet. J’ai découvert Vincent Munier à cette occasion, incroyable photographe animalier passionné depuis l’enfance, dont la plus grande joie est de se tenir à l’affût des heures durant pour photographier les bêtes sauvages… par exemple les yacks de ces plateaux (incroyable la photo ci-dessous non ?)

Au Tibet, le but est de traquer par la lunette des jumelles et de l’appareil photo la fameuse panthère des neiges. Pour Tesson c’est l’occasion d’une nouvelle aventure, par -30°, à s’immobiliser des jours entiers, à apprendre la patience et à méditer sur la beauté du monde… Poétique et hypnotisant, une très belle lecture !

« Nous étions nombreux, dans les grottes et dans les villes, à ne pas désirer un monde augmenté, mais un monde célébré dans son juste partage, patrie de sa seule gloire. Une montagne, un ciel affolé de lumière, des chasses de nuages et un yack sur l’arête : tout était disposé, suffisant. »

Et je vois à l’instant le billet que Keisha vient de publier !! Allez voir elle a ajouté une vidéo de 6 mn où on voit cet animal fascinant !!

 

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Les choses humaines

« Diffraction », « le territoire de la violence », « rapports humains » : en trois parties l’auteur dissèque ces « choses humaines » en mêlant des personnages fictifs, Jean et Claire Farel, et leur fils Alexandre, et des événements réels de notre époque. Elle dissèque avec précision les relations humaines et ce qui  mène les gens, le sexe, le pouvoir, l’argent. On suit ces personnages, Jean, septuagénaire très propre sur lui, journaliste politique aux dents longues, son ex-compagne Claire, essayiste féministe, et leur fils Alexandre qui s’apprête à de brillantes études aux USA. L’élite quoi. Et puis arrive le drame : Alexandre, plutôt accro aux vidéos pornos agressives, emmène Mila Wizman, la fille du nouveau compagnon de Claire dans une soirée. Il la pousse à boire et à prendre de la drogue. Peu de temps après, elle porte plainte pour viol. On est peu après l’affaire Weinstein et le lecteur assiste à tout le battage médiatique et au long récit du procès. C’est percutant et intelligent car l’auteur, sans prendre parti, montre toute la complexité de la situation, ses causes et ses effets sur les uns et les autres.

« Elle avait toujours été du côté des femmes dans la lutte contre les violences, du côté des victimes, mais à présent elle cherchait avant tout à protéger son fils. Elle avait découvert la distorsion entre les discours engagés, humanistes, et les réalités de l’existence, l’impossible application des plus nobles idées quand les intérêts personnels mis en jeu annihilaient toute clairvoyance et engageaient tout ce qui constituait votre vie. […] C’était ça la violence : le mensonge – une représentation falsifiée de son existence. Le déni : la voie qu’elle avait substituée au réel pour pouvoir le supporter. »

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tortilla à la soubressade

Ce n’est pas vraiment le mois espagnol mais mon cher et tendre avait rapporté de la soubressade à cuire et j’ai improvisé cette goûteuse tortilla parfaite pour une soirée d’hiver 🙂

Alors certes ce n’est pas encore Noël mais Syl nous a concocté un logo tellement joli que je ne peux m’empêcher de l’utiliser pour ce premier dimanche de décembre !! Les autres recettes chez elle bien sûr !

Ingrédients :

  • 1 oignon
  • 1/2 poivron
  • 1 soubressade à cuire
  • 3 pommes de terre
  • 4 œufs
  • sel, poivre, persil
  • un peu de fromage râpé

Préparation :

Faire revenir la soubressade à feu vif sans matière grasse et enlever le trop plein de gras. Laisser de côté. Faire revenir l’oignon et le poivron. A part battre les œufs, ajouter le persil coupé, le sel et le poivre. A part faire cuire les pommes de terre.

Mettre le tout dans la poêle et replier. Manger chaud !! Très bon !

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Miss Islande

J’aime beaucoup A. Olafsdottir et pourtant j’ai été un peu déçue par son dernier roman, Miss Islande. Le personnage, Hekla, qui a été ainsi nommée par son père parce qu’elle porte le nom d’un volcan, est pourtant très attachant : à 20 ans à peine, elle quitte sa province reculée en car pour Reykjavik, avec, dans sa valise, Ulysse de Joyce, une vieille machine à écrire et ses manuscrits. C’est sûr elle sera écrivain. Sauf qu’on est en 1963 et qu’elle devient surtout d’abord serveuse pour gagner sa vie. Là un homme la drague et lui propose de concourir pour être Miss Islande… Dans la capitale, elle retrouve Isey, son amie d’enfance, qui vient de se marier et d’avoir un enfant avant même de réfléchir à son destin, et son meilleur ami, Jon John, homosexuel. Pour l’un comme pour l’autre (lui parce qu’il est homo, elle parce qu’elle est femme et qu’elle veut écrire) la vie n’est pas facile…

C’est un livre féministe plein de charme, une belle ode à la liberté mais il m’a manqué quelque chose pour entrer vraiment dedans. J’ai trouvé le style un peu trop plat, les phrases, toutes au présent, sont souvent factuelles, courtes, un peu trop sobres (pourtant j’aime bien ça d’habitude). Et la fin est frustrante (mais compréhensible vu l’époque). Peut-être n’était-ce pas le bon moment pour le lire. D’autres l’ont beaucoup aimé : HélèneKrol.

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La fille à la voiture rouge

Dans ce livre très très autobiographique apparemment, l’auteur/narrateur relate son histoire d’amour pour Emma Parker, de 19 ans sa cadette, « brindille minijupée virevoltant entre les voitures à l’arrêt« . Elle est étudiante à la Sorbonne, prépare l’agrégation, le fait monter dans sa Porsche rouge. Il est amoureux fou, dépense pour elle sans compter, surtout lorsqu’il apprend qu’elle est condamnée à mourir jeune, d’un hématome qui risque à tout moment d’éclater… C’est la passion, la vraie…

Je ne voudrais pas en dire plus car le roman, construit en trois parties, comporte des retournements de situation étonnants, mais ce qui est intéressant c’est la manière dont il détaille toutes les étapes d’une histoire évidemment universelle. C’est bien écrit et souvent très bien vu. J’ai été malgré tout un peu agacée par le personnage d’Emma et par les trop nombreuses citations des propos de la jeune fille entre guillemets.

« Elle était bien trop jeune aussi pour savoir les effets du temps sur l’amour, combien les sentiments et les émotions, sans s’oublier, finissent par se diluer dans la mémoire, jusqu’à perdre leur charge affective ; deuil nécessaire pour nous faire évoluer, passer à autre chose, vivre d’autres histoires. »

Un bon moment de lecture, des réflexions vraiment intéressantes sur l’amour et  le mensonge,  mais pas inoubliable. Et c’était le livre qui me manquait pour cocher la dernière case (« couleur« ) de ma ligne de Petit Bac du challenge 2019 🙂

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Filet mignon en croûte d’herbes et à la moutarde

Hello everybody,

Une bonne recette de filet mignon ? Edda m’a inspiré un délicieux repas avec son filet mignon en croûte d’herbes et à la moutarde ! Allons voir ce qu’il y a chez Syl aujourd’hui…

Ingrédients :

  • 1 filet mignon
  • 120 g environ de pain rassis un peu dur
  • 15 feuilles de persil plat
  • 5-6 feuilles de sauge fraîches
  • les brins de deux tiges de romarin
  • 3 à 4 bonnes càs de moutarde
  • huile d’olive
  • sel et poivre

Préparation :

1. Préchauffer le four à 210°C. Passer dans le bol du mixeur le pain en petits morceaux et les herbes ciselées avec 2 càs d’huile d’olive et une pincée de sel et de poivre. On doit obtenir une chapelure un peu grossière (elle donne une belle texture), un peu verte et très aromatique.

2. Tartiner le filet de moutarde sur toute la surface (sauf le bas) et le poser sur une plaque recouverte de papier cuisson. Parsemer abondamment de chapelure aux herbes et presser légèrement pour faire adhérer à la viande. Saler et verser un filet d’huile d’olive.

3. Enfourner pendant 30 à 40 minutes environ. Laisser reposer 5 minutes (voire un peu plus) puis servir en tranches.

Comme sur la photo du blog d’Edda, j’ai servi avec des champignons farcis. L’ensemble était succulent !

Et juste pour le plaisir des yeux, le cotinus tout rouge de mon jardin…

Et le chat qui se prépare pour hiberner cet hiver et se trouve des lieux improbables pour dormir !!

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