Beckomberga

BeckombergaLe père de Jackie, Jim, surnommé Jimmie Darling, a toujours eu du mal à vivre. Ni sa femme Lone, ni sa fille n’ont pu constituer d’amarres suffisantes, c’est pourquoi il a passé quelques temps (semaines ? mois ? années ?) à l’hôpital psychiatrique de Beckomberga, un lieu qui a réellement existé, dans la campagne près de Stockholm, créé dans les années 30 dans le but d’offrir de meilleures conditions de vie aux malades mentaux, « une nouvelle sorte d’hôpital, un nouveau monde où personne ne sera laissé pour compte, où l’ordre et le souci de l’autre seront de mise, où les rebuts du genre humain […] vont enfin être libérés et sortir dans la lumière. »

A travers des chapitres courts regroupés dans de plus grands ensembles portant des titres thématiques, on accède à la vision de Jackie, d’abord enfant puis adolescente, fascinée par  Beckomberga, qui représente, contrairement à ce qu’on pourrait penser, un lieu sécurisant et le plus heureux qui soit, pour Jim, pour Sabina, la femme dont il tombe amoureux, et d’autres patients. Sans aucune transition, la narratrice évoque aussi le présent, son lien avec ce père plus âgé mais toujours aussi dépressif et vivant dans un petit village en Espagne et la présence lumineuse et solaire de son fils Marion.

C’est un livre étrange et magnifique, écrit dans une langue pure, poétique, mélancolique et puissante ; en revanche, il vaut mieux abandonner toute notion de chronologie ou de logique, pour suivre d’autres formes de cohérence, un amour inconditionnel et tout-puissant d’une fille pour son père, une magnifique réflexion sur la folie et la force de vie.

Merci à Babelio de m’avoir permis de lire ce beau roman (et manifestement très bien traduit) en avant-première !

« Il se dit que les anciens patients reviennent encore et encore à Beckomberga, qu’ils arpentent le parc du Beffroi, qu’ils se tiennent sous les arbres en appuyant leurs mains sur le mur déteint par le soleil, comme si un cœur institutionnel battait toujours à l’intérieur, un pouls humain aux pulsations faibles contre ma paume quand je caresse la couleur rouge sans délavée de la façade. Il y a les ombres et les voix de toutes celles et de tous ceux qui ont séjourné ici, elles s’élèvent et s’abaissent comme des oiseaux enfermés. »

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7 commentaires pour Beckomberga

  1. aifelle dit :

    Les romans nordiques ont souvent des atmosphères étranges. Pourquoi pas, s’il croise ma route.

  2. Mind The Gap dit :

    il a l’air space ce livre là, le style semble original !

  3. celina dit :

    Un livre très prometteur en cette rentrée littéraire ! C’est le genre de roman et d’écriture que j’affectionne alors merci pour ta chronique tentatrice !
    (j’ai enfin rédigé un billet pour l’award de l’été ; je m’y prends un peu tard, mille excuses… encore merci !
    https://deslivrestousazimuts.wordpress.com/2016/08/23/laward-de-lete/

  4. ingannmic dit :

    Je suis en train de lire car en pleine période de lectures scandinaves (suite à des vacances passés au Danemark).. une très belle écriture en effet, et beaucoup d’émotions..

  5. kathel2 dit :

    Ton billet donne envie de découvrir enfin cette auteure, et par ce livre de préférence !

  6. Alphonsine dit :

    Je m’étais dit : pas de rentrée littéraire ! Mais ce titre-là, sur la table du libraire, m’a attirée comme un aimant. Je l’ai acheté et c’en est le premier écho que je découvre ici. J’ai l’impression que j’ai eu raison, et j’ai hâte de découvrir ce livre à mon tour.
    Merci pour cette chronique. 🙂

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