La disparition de Joseph Mengele

Je reculais devant la lecture de ce roman, un peu effrayée à l’idée de côtoyer, même dans un ouvrage de fiction, cet horrible et glaçant docteur diabolique d’Auschwitz. En fait, ce roman le suit après la guerre, fuyant les tribunaux allemands jusqu’en Amérique du Sud, comme bon nombre de nazis, en Argentine puis au Paraguay et au Brésil. L’auteur réussit à immerger le lecteur dans la vie de ce criminel traqué, blindé dans son monde mégalomane et haineux, miné par l’angoisse et la rancœur. Le roman alterne entre sa vie en Amérique du Sud, qu’il passe à fuir de cachette en cachette, et son passé à Auschwitz. Assez fascinant.

« Sa poitrine se dilate, son sang gronde, Martha lui parle mais il ne l’entend pas, absorbé par ses méditations, si heureux, si fier, dans ce monde de ruines et de vermines déserté par Dieu, il a la liberté, l’argent, le succès, personne ne l’a arrêté et personne ne l’arrêtera jamais. »

« Il avait été à la hauteur, il le savait. Pouvait-on le lui reprocher ? Lui retirer si facilement ses précieux titres universitaires ? Il avait eu le courage d’éliminer la maladie en éliminant les malades, le système l’y encourageait, ses lois l’autorisaient, le meurtre était une entreprise d’Etat. »

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4 commentaires pour La disparition de Joseph Mengele

  1. saxaoul dit :

    J’ai bien l’intention de le découvrir moi aussi !

  2. Aifelle dit :

    J’avais très envie de le lire à sa sortie ; un peu moins maintenant, on verra ..

  3. Christine Dupuy dit :

    Moi aussi fascinée par ce récit ..non pas tant par ce qu’il nous dit de l’être humain, ses bassesses, sa cruauté, sa folie (hélas on connaît d’autres exemples) mais interpellée par la complicité du monde, le silence organisé, les protections alors que le monde sort à peine de l’horreur absolue. Heureusement une justice finit quand même par frapper cet ignoble Mengele.. J’ai aimé l’écriture incisive de l’auteur, sa mise à distance, son regard aigu sur la déchéance d’un être inhumain que la peur et la paranoïa rendent à sa condition d’homme. Et quelle fin..!

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