Sauvagines

Comment résister à découvrir le deuxième roman de Gabrielle Filteau-Chiba quand on a été déjà très emballée par le premier, Encabanée mais frustrée parce qu’il était trop court ?

La narratrice, Raphaëlle, agente de protection de la faune locale, vit dans une roulotte au milieu des bois dans le Haut-Pays de Kamouraska. Son job ? Recenser les espèces, les protéger tant bien que mal des braconniers (qui à la différence des chasseurs, mettent des pièges partout, y compris près des maisons et tuent pour le plaisir et l’argent facile), retrouver les humains portés disparus.

Au premier chapitre elle récupère une chienne au chenil, une husky aux yeux marron comme elle, et plutôt fluette, une de celles qui serait abattue sans son intervention, et qu’elle surnomme Coyote. A partir de là on plonge avec Raphaëlle dans son quotidien plutôt rude, se laver à l’eau froide par tous les temps, faire face à la solitude (« tu sais que tu souffres de solitude quand tu souhaites bonne nuit à un chien qui dort déjà et que tu souris à ta poêle en fonte« ), prendre conscience de son impuissance face à la déforestation de plus en plus importante et la détresse des animaux. Il y a bien un ours qui semble menacer la roulotte de Raphaëlle mais le plus dangereux se révèle un braconnier dont elle détruit un piège qui a failli tuer sa chienne…

Commence alors une sorte de traque (mais qui traque qui ?) contre cet homme qui tue sans pitié les coyotes et maltraite les femmes. Elle est aidée par Lionel, son voisin le plus proche, sorte de père de substitution et par Anouk B. dont elle a trouvé par hasard le journal intime dans une buanderie. Et Anouk c’est le personnage principal d’Encabanée ! une renarde rousse qui va retourner le cœur de Raphaëlle…

Je me suis complètement laissée emporter par cette histoire qui m’a emmenée très loin (ça tombait bien j’étais malade…), les trois personnages sont tellement attachants et la langue est belle, poétique et crue à la fois, rude et douce. Quelques belles illustrations (tirées du journal d’Anouk) agrémentent encore la lecture. Quant au titre il est vraiment bien trouvé : la sauvagine c’est – la définition est donnée avant le début du premier chapitre – « l’ensemble des peaux les plus communes vendues par les chasseurs sur les grands marchés de la fourrure » mais c’est loin d’être seulement cela comme on le verra vers la fin du roman.

J’apprends que l’autrice (quelle belle femme, photo jointe !) a publié (disponible mais pas en France si j’ai bien compris) une suite aux deux premiers intitulé Bivouac.

Et j’ai le plaisir de faire une lecture commune avec Aifelle !

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11 commentaires pour Sauvagines

  1. aifelle dit :

    Nous ne le présentons pas de la même manière mais le résultat est le même : nous avons beaucoup aimé 🙂

  2. keisha41 dit :

    Bon, peut être celui ci me plairait plus qu’Encabanée (quelle idée ce type qui arrive là, et crac crac je repars. Inutile, l’histoire dans la nature se suffisait)

  3. Encabanée est dans ma liste d’envies et si cela fonctionne (mais je l’ai choisi pour le thème et cela devrait me plaire) je pense que celui-ci devrait également entrer dans ma liste 🙂

  4. kathel dit :

    Je lirai d’abord Encabanée, il vient de sortir en poche, chouette !

  5. hélène dit :

    j’ai hâte de le lire !

  6. lorouge dit :

    Bon au final ça vous a plu 👍😉 il est sur ma PAL, alors j’ai hâte mais Aifelle m’a un peu effrayé avec des scènes difficiles apparemment sur des détails violents, j’espère que ça ne sera pas trop difficile à lire pour moi !

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